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Semaine de l’unité des chrétiens

Semaine de l'unité des chrétiens

La fin de janvier a été choisie dans l’Église pour prier ensemble à la pleine réconciliation des églises, assemblées et communautés qui confessent que Jésus est Christ et Seigneur. Oui, à cause des aléas politiques, mais surtout à cause de l’égoïsme et du désir de dominer son semblable, les églises ont laissé se détériorer leurs relations avec les autres groupes chrétiens et défiguré le visage de Jésus Christ qu’elles sont censé révéler au monde.

J’ai été accueilli en Israël en 2010 par des membres de la Communauté du Chemin Neuf, dans leur Couvent en banlieue de Jérusalem. En union avec elles, je participe à une semaine et une journée de prière (le 1er février). Je considère comme mes frères et sœurs les membres de cette communauté qui animent le Centre international Marie de Nazareth, et je prie pour que le cœur de tous et chacun de nous se convertisse et voit dans les autres le Seigneur Jésus. Je vous invite à vous unir à nous, selon la demande de Jésus lui-même dans le Notre Père. Prions aussi à l’aide du Je vous salue Marie. Le Centre offre de beaux documents pour entrer dans le mystère de Marie et alimenter notre foi.

L’unité des chrétiens

Le 21 novembre 1964, le Concile Vatican II adoptait le décret sur l’œcuménisme, orienté vers la restauration de l’unité entre les communautés chrétiennes. L’unité des chrétiens était d’ailleurs l’une des raisons de ce concile dit œcuménique (le mot, en grec, veut dire de toute la terre habitée). Les querelles et divisions politiques et théologiques constituaient un scandale pour le monde parce que les communautés chrétiennes se réclamaient toutes du même Christ et Seigneur, mais agissaient comme des rivales; d’aucuns ne se gênaient pas pour justifier ainsi les guerres civiles ou entre nations. Déjà avant le concile, on avait pris conscience que ces divisions faisaient obstacle à la prédication de l’Évangile.

Las semaine du 18 au 25 janvier est vécue comme un temps fort de prière pour la recherche de l’unité. Le site internet Unité chrétienne nous fait un historique et parle d’un des pionniers de ce mouvement: l’abbé Paul Couturier.

Au Québec, le Père jésuite Irénée Beaubien sera une figure de proue chez les catholiques dans le développement du dialogue œcuménique.

Toutes mes années d’enseignement au secondaire, j’ai utilisé un des fruits de ce mouvement, la Traduction œcuménique de la Bible, mieux connue sous l’acronyme TOB.  C’est celle que j’ai régulièrement utilisée, bien que la Bible de Jérusalem n’était jamais loin de mon espace de travail.

Wikipedia propose un survol de l’œcuménisme; c’est bien si on veut commencer à se faire une idée du mouvement. Et je le recommande à ceux qui vont jusqu’à penser que les religions sont la cause des guerres!!! Je suis plutôt de ceux qui ont choisi de voir les efforts qui ont été faits pour cheminer vers l’unité dans un monde divisé.

En haut de la page, marge de droite, unissez-vous à la prière de ce dimanche 18 janvier et à chaque jour de la semaine. On rêve de paix dans le monde et chez nous. Mais le chemin de la paix débute dans la transformation de notre cœur et par des petits pas.

 

 

Il y a fidélité et fidélité

J’ai lu dans Le Devoir, édition du 26 septembre, ceci:

Le pape Benoît XVI a appelé les catholiques allemands à lui rester fidèles, critiquant les divisions au sein de l’Église hier, au quatrième et dernier jour d’une visite dans son pays natal.
Dans son sermon, le pape a appelé les fidèles à dépasser leurs querelles internes et à rester obéissants envers l’Église, «en ces temps de péril et de changement radical» et de «crise de la foi».

Ma première pensée est que la fidélité des catholiques va en premier au Christ. Il n’est pas sûr qu’il faille absolument être fidèle au pape.

On me dira que Jésus a confié à Pierre la direction de la première communauté des croyants en la venue du royaume de Dieu et que son successeur mérite l’obéissance. Au risque d’être accusé de lèse-majesté, est-il sûr que cette phrase de l’Évangile «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église…» a bel et bien été dite par Jésus? N’aurait-elle pas été écrite après coup pour asseoir l’autorité de Pierre ou de son successeur? Obéir au successeur de Pierre: mais quel successeur? Ils ont été si nombreux et, au regard de l’histoire, pas tous dignes d’être suivis! Et aujourd’hui, ils sont si loin de nous, déconnectés du monde ordinaire et séparés par tout un appareil hiérarchique dans lequel on a peine à reconnaître le leader charismatique que fut Jésus. Et quelle est la capacité de comprendre dans toute leur diversité les joies, les espoirs, les tristesses et les angoisses humaines, d’un pape choisi par des cardinaux, désignés en majorité par son prédécesseur, donc appartenant au siècle passé? Un pape qui a imposé le silence aux évêques – ou a lui-même gardé le silence –  sur les abus des prêtres abuseurs, fait-il partie de ceux qui méritent ma fidélité?

On me dira que Jésus a prié pour l’unité des fils et des filles de Dieu. C’est que justement cette unité sera un des fruits du salut annoncé par Jésus. L’unité visible de tous les chrétiens ne se fera pas dans ce monde-ci, mais elle commencera à briller dans le cœur de chaque catholique quand les successeurs de Pierre et des apôtres commenceront par mettre fin à l’injustice de refuser aux femmes la reconnaissance de leur appel à servir, elles aussi, comme pasteurs des communautés de croyants. L’appel de Benoît XVI à rester unis sera crédible le jour où les successeurs de Pierre et des apôtres admettront qu’ils ne possèdent pas la vérité, mais doivent la rechercher avec le peuple de tous les baptisés. Si le pape croit vraiment que nous devons faire l’unité avec les Églises séparées, croit-il que cela aide ou nuit à l’unité que d’ouvrir la porte de l’Église catholique à des transfuges des Églises séparées?

Non, je n’aurais jamais cru que le premier Serviteur de l’Église demande qu’on lui soit fidèle.

Oui, je m’attends qu’il nous invite, catholiques et croyants des autres Églises, à dire avec lui l’unique prière: «Père, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton Règne arrive…».

Oui, je m’attends qu’il nous montre, nous qui vivons au XXIe siècle, à discerner la Volonté du Père par l’Esprit qu’il nous a donné au baptême.

Oui, je m’attends qu’il respecte l’intelligence et la conscience de tous ceux et celles qui, dans l’Église – laïcs, prêtres, évêques – demandent de plus en plus une réforme de l’Église catholique.