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Visite ad limina des évêques

Visite ad limina des évêques

Je devrais ajouter au titre «catholiques québécois». La visite «ad limina» exige que les évêques aillent rendre compte au pape de la situation de leur Église aux cinq ans. C’est le temps de faire nos messages au chef de l’Église, François.

Des catholiques  regroupés dans un mouvement, appelé le Parvis de Québec, nous proposent d’appuyer une lettre demandant aux évêques qui nous évangélisent, nous enseignent et nous guident, d’autoriser l’Église du Québec de vivre des premières expériences d’accès de femmes au sacerdoce. 

J’ai travaillé pendant 30 ans avec plusieurs femmes en pastorale et je soutiens que si les femmes faisaient la grève actuellement, la mission d’annonce de l’Évangile serait gravement compromise dans l’Église du Québec. C’est pourquoi je vous demande, en tant que croyante et croyant en Jésus Christ, de lire la lettre et d’envoyer par courriel votre appui, si c’est votre cas bien sûr, en n’oubliant pas de donner votre adresse. N’ayez crainte, vous ne serez pas inquiété par la suite!

Je pense qu’un chrétien ou une chrétienne ne peut garder le silence devant une tradition qui n’a plus sa raison d’être ici et maintenant au Québec. Si vous avez encore un tout petit brin de foi en Jésus, faites-le maintenant: ça ne prendra  que 10 minutes de votre temps.

Pour lire la lettre d’appui sur le site du Parvis de Québec.
Envoyer un message pour signifier votre appui.
Pour tout savoir sur le combat des femmes vers la pleine reconnaissance dans l’Église, visitez Femmes et ministères.

En quoi cette semaine est-elle sainte?

Cette semaine est sainte parce parce qu’elle nous rappelle la passion de Jésus, chemin ultime de souffrances où l’ont conduit la nouveauté de son enseignement, sa confiance en la bonté du Père pour les humains, ainsi que l’incompréhension de ses disciples et le rejet de chefs religieux de son peuple.

Juste avant son dernier repas avec ses disciples, Jésus leur lave les pieds, un geste habituellement accompli par des serviteurs. Il veut montrer par là que nous sommes appelés à devenir les serviteurs les uns des autres, et surtout que les plus grands ou les plus élevés en dignité deviennent les serviteurs de plus petits et des exclus. Pas besoin d’être très savant pour comprendre la portée du signe: il parle de soi. Aussi gênant que ce fût pour les disciples, l’évangéliste Jean l’a rapporté et cela a été raconté aux générations futures comme l’un des derniers enseignements de Jésus.

Mais ce n’est pas le seul geste de Jésus que Pierre n’a pas compris. Il n’a pas davantage compris qu’être son disciple devait le conduire à être traité de la même manière. Il s’y est refusé tant qu’il a pu. Il déclaré ne pas connaître cet homme, qui pourtant l’aimait. Mais, qui parmi nous peut dire qu’il aurait agi autrement?

Combien de fois me suis-je servi avant les autres? Combien de fois ai-je fait passer mes besoins et mes idées avant ceux des autres? Combien de fois ai-je calculé avant de me  mettre au service d’un autre? Cet enseignement est encore et toujours d’actualité. Qu’attend-on pour raconter à nos enfants ce geste célèbre de Jésus et la bêtise de Pierre qui représente tous les disciples de Jésus, passés ou contemporains?

La bêtise de Pierre ne se reproduit-elle pas aujourd’hui quand le Pape Benoît XVI rappelle aux prêtres autrichiens et ceux qui les suivent, qu’ils lui doivent obéissance parce qu’il ne fait que suivre la volonté de Dieu, notamment à propos de l’ordination des femmes? Pourtant pas de discours semblable dans la bouche de Jésus. Je pense même qu’aujourd’hui Jésus surprendrait ses disciples en agissant en dépit des conventions et des convenances. Benoît XVI l’a répété: il lui est impossible de considérer l’appel des femmes au sacerdoce comme la volonté de Dieu. Est-il si différent du disciple Pierre? Et que dire des nombreux évêques, prêtres et fidèles qui raisonnent comme Pierre?

On a dit que «Pierre» voulait dire un roc, ce roc sur lequel serait bâtie l’Église. Mais pierre veut autant dire tête dure. Ceux qui ne jurent que par le pouvoir mâle dans l’Église catholique arriveront-ils à comprendre? Viendront-ils à comprendre qu’il ne sont pas supérieurs aux femmes qui désirent servir comme prêtres? Verront-ils un jour que ces femmes ont quelque chose à révéler du mystère de Dieu? Sinon, ce Pierre passera, ainsi que ses semblables. Ce qui ne passera pas, c’est la leçon d’humanité et d’humilité donnée par Jésus et que nous devons raconter en ce Jeudi saint.

Cette semaine est sainte, car on se rappelle que Jésus a donné l’exemple du service des petits et des exclus. Je prie que notre Pape comprenne ce que ça veut dire aujourd’hui dans l’Église.

Fête de l’Annonciation du Seigneur

Par la prière, je m’associe aujourd’hui aux femmes qui luttent pour faire reconnaître dans l’Église catholique leur appel au sacerdoce ministériel. Je connais deux groupes représentant ces femmes courageuses, le réseau Femmes et Ministères et The Women’s Ordination Conference.

La fête de l’Annonciation célèbre l’événement de foi suivant: «l’Esprit du Seigneur prend possession de l’humble Vierge Marie et suscite en elle la Parole même de Dieu: le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. Éternel jaillissement de vie qui s’opère encore chaque jour dans le cœur des chrétiens.» (Prions en Église, éd. mensuelle, Novalis, mars 2012, p. 136)

Cette fête rappelle donc que Marie chercha à faire la volonté du Seigneur et par sa docilité à l’Esprit saint a cru que cette volonté était d’accepter que se réalise en elle le merveilleux projet de Dieu de se faire proche des humains en se faisant l’un de nous. Cette fête permet aujourd’hui aux chrétiens de se mettre à la place de Marie et de voir la vie avec le même regard de foi.

Et n’est-ce pas le cœur de la foi chrétienne que de croire en Jésus, Parole de Dieu, venu dans notre monde pour accomplir la volonté du Père. C’est l’Esprit du Seigneur qui me permet de dire ma foi, c’est le même Esprit qui me fait dire «oui» à son appel de participer à sa vie divine. Toute la vie chrétienne n’est donc que recherche de la volonté de Dieu dans tous les événements de ma vie autant au plan personnel que familial et social. Aucun événement n’échappe à cette invitation.

L’émancipation sociale des femmes en cours depuis plus de cent ans est l’un de ces événements ainsi que le combat des femmes pour faire reconnaître leur appel à servir comme prêtre dans l’Église catholique. Pourquoi les autorités de l’Église ont-elles perdu aux yeux des Québécois leur crédibilité? C’est que, sur ces questions comme sur quelques autres, elles ont refusé de se mettre à l’écoute de l’Esprit saint à l’œuvre. Le Concile Vatican II avait pourtant ouvert la porte à l’interprétation des signes des temps. Oui, célébrons l’Annonciation du Seigneur, mais n’essayons pas d’échapper à l’exigence de rechercher quelle est la volonté du Seigneur aujourd’hui. Pendant qu’on lit tranquillement dans l’Évangile que «l’ange Gabriel salua Marie comblée de grâce», n’allons pas nous fermer les yeux devant le fait  que les femmes d’aujourd’hui ont reçu elles aussi la grâce de servir le projet d’amour par lequel Dieu veut se faire proche des humains.

Le diocèse de Montréal accueillera bientôt son nouveau chef, Mgr Christian Lépine. J’espère et je prie pour qu’il se mette à l’écoute de son peuple de croyants, qu’il sache suivre l’Esprit pour discerner chez les femmes autant que chez les hommes l’appel à servir comme prêtre. Il devra pour cela transgresser le serment d’obéissance au Pape qui a déclaré à toutes fins pratiques la discussion close sur ce sujet. Avec ses collègues canadiens, il devra tenir compte de la foi des chrétiens d’ici et maintenant. Ils devront tous pour cela croire que l’Esprit saint peut faire du neuf aujourd’hui. Comme Luc l’écrit dans son Évangile à propos d’Élisabeth la stérile, «rien n’est impossible à Dieu». Si l’impossible se réalisait pour l’Église, si nos évêques, comme Marie, faisaient confiance à l’Esprit saint, n’y aurait-il pas alors un motif d’espoir pour les catholiques de Montréal et pour ceux d’ailleurs au pays?