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Peut-on aider au Moyen-Orient?

Peut-on aider au Moyen-Orient?

Quelle aide peut-on apporter aux gens ordinaires du Moyen-Orient qui sont chassés de leur maison et de leur patrie?

Je vous invite à faire connaissance avec une agence humanitaire, l’Association catholique d’aide à l’Orient (CNEWA). Si l’appel à l’aide des populations du Moyen-Orient vous semble plus vital que beaucoup d’autres nouvelles et faits de l’actialités , visitez le site internet de la CNEWA. C’est un organisme qui a l’aval du pape et qui oeuvre depuis longtemps dans la région.

Si on veut pratiquer l’œcuménisme, il s’y trouve des catholiques de rite oriental et les besoins sont grands. Lisez l’article de Carl Hétu, directeur national de l’organisme.

Je me le dis à tous les jours, nous sommes chanceux de vivre au Québec. Il me semble que la bonne chose à faire est d’aider ceux qui ailleurs sont victimes des violences politiques et inter-communautaires. N’oublions pas non plus que certains de nos concitoyens, peut-être votre médecin ou votre mécanicien, ont de la  famille en Syrie ou ailleurs en Orient. N’avons-nous pas l’obligation de faire quelque chose pour ceux et celles qui ont faim, qui ont soif, qui manquent de quoi se vêtir? Pour moi, je ne peux rester indifférent.

Les pauvres au centre

Dans son récent voyage aux Philippines, le pape François a mis l’accent sur l’importance des pauvres pour les chrétiens. Une personne qui se donne la peine de lire les évangiles ne peut pas manquer l’enseignement de Jésus, au début de son ministère en Galilée, connu sous le nom de Sermon sur la montagne, et qui commence par Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux (Matthieu 5,3). Le même Matthieu écrit à la fin de son évangile dans la parabole du jugement, cette phrase qui m’a constamment marqué: Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger… (Mt 25,31 et suivants) Pouvait-on être plus clair? Un chrétien conséquent qui écoute ces paroles doit essayer d’y conformer sa vie. Le pape François comme chacune et chacun de nous doit s’efforcer d’écarter de sa vie tout ce qui est contraire à cet enseignement. J’ajouterai: nul besoin de juger les autres, nous avons bien assez de regarder notre propre vie.

Deux réflexions me viennent en ce moment en relation avec les pauvres: l’une concerne la foi en la Résurrection, l’autre ce qu’on dit des jeunes.

Le cœur de notre foi est que Jésus, mort par crucifixion, n’est pas resté prisonnier de la mort mais Dieu l’a ressuscité (Actes 2,14 et suivants), c’est-à-dire l’a relevé ou l’a délivré de la mort. Et la réflexion ultérieure des chrétiens les a amenés à croire que, Jésus ayant été le premier ressuscité, s’ils tâchaient de rester fidèles à ses enseignements, ils seraient ressuscités à sa suite. C’est dans ce contexte que la parabole du jugement annonce le retour de Jésus Ressuscité et décrit le rassemblement de toutes les nations pour le jugement. Et parlant de jugement, il nous est arrivé souvent de disqualifier la religion de nos parents et ancêtres, une religion basée sur la peur d’être damné à l’enfer. Une belle excuse, n’est-ce pas pour l’athée en chacun de nous qui prétend tout mesurer par la raison scientifique et justifier l’abandon d’une foi qualifiée d’infantile, voire d’imbécile. Assurément, je ne connais personne capable de me décrire l’après-vie et démontrer sa foi en la résurrection. Mais qui peut nier que la vie d’une femme et d’un homme sera jugée, si ce n’est pas par un juge suprême appelé Dieu, du moins par lui-même et par ses semblables, à commencer par ses compagnons de vie? La foi en Dieu, ou la foi en Jésus ressuscité et devenu Seigneur, semble avoir décliné au Québec et en Occident au point où l’on se demande ce qu’il en restera après nous; mais est-ce si vrai que ça? Faut-il se fier aux apparences et aux on-dit?

J’en viens à mon second point: les on-dit sur les jeunes. On est dans une église, avant ou après la messe, et deux ou trois personnes sont en train de déplorer la manque de prêtres, la baisse des revenus de la paroisse et la quasi absence des jeunes (étant à l’aube de la septentaine, ça veut dire pour moi tout ce qui en bas de 50 ans!). Le tableau vous semble réaliste?  Un peu quand même.
Peu après, je reçois d’un collègue de mon conventum un courriel que trois de ses amis «militants» d’OXFAM lui ont transmis pour annoncer un spectacle exceptionnel.  Je m’empresse de télécharger le document attaché pour voir l’affiche d’un gala. Me voilà tout joyeux , d’autant plus que l’un des humoristes engagés est un jeune lanaudois à qui j’ai enseigné, Billy Tellier. Aujourd’hui, c’est lui et d’autres jeunes de sa génération qui nous enseignent par leur humour et leur altruisme.  Un spectacle exceptionnel, a écrit mon collègue. Mais je ne qualifierais par l’action de ces jeunes d’exception, car où que je me tourne, j’entends parler de l’engagement des jeunes. L’automne dernier, au Centre-ville de Joliette je participe avec une trentaine de personnes à une marche pour lancer les activités de la Nuit des sans abris. Direction: le parc Lajoie où l’on a dressé une grande tente pour le souper communautaire. Qui sert le repas? Un groupe d’ados avec leur enseignante. Des vêtements sont distribués et un spectacle de musiciens anime la soirée. J’ai vu beaucoup de jeunes et quelques personnes âgées. Nous devons être fiers de nos jeunes.

Vous voyez déjà ce que je pense des on-dit sur les jeunes. Les actions parlent d’elles-mêmes. Et sans doute avez-vous fait la relation avec les propos du pape François et les récits de l’Évangile qui parlent des pauvres. Je conclus par ceci: nos communautés vont assurément fermer leur église dans la mesure où elles auront négligé le service des pauvres, des personnes seules, des malades, car ce qui allume les jeunes ce ne sont pas nos messes, mais les actions pour aider autrui. Il y a urgence en la demeure, comme disait notre évêque dans son homélie d’hier. Consolons-nous: il restera toujours assez de vieux comme moi pour bénir le Seigneur que nous ayons mis au monde une telle progéniture!

Qui sont les Charlie?

Qui sont les Charlie?

Les actes terroristes, haineux, vengeurs, habillés de fanatisme, que je qualifie de FOLIE, nous obligent à la réflexion. Chacun de nous réfléchit et se questionne en fonction des valeurs qui le guident. Ce qui m’intéresse, c’est de nommer et d’expliquer celles auxquelles j’adhère.

Parlons de la liberté. Oui, nous avons la liberté de pensée et d’expression, et quelques autres encore. La liberté de conscience et de pensée de tout être humain est reconnue dans nos sociétés occidentales, mais elle ne l’est pas dans toutes les sociétés. Je dirais qu’elle vaut le prix qu’on est prêt à payer pour la conserver, ce qui peut aller jusqu’à perdre la vie. Ce prix varie selon les sociétés où l’on vit, car la vie ne vaut pas partout pareil. Les Charlie descendus dans la rue ces jours-ci ne sont pas tous prêts à payer le même prix pour jouir de leurs libertés. On peut bien dire que la liberté de pensée et de conscience est un absolu, mais dans son exercice elle est conditionnée et limitée. Parce que nous vivons en société, je fais attention comment je l’exerce.

À la liberté de pensée se greffe la liberté d’expression.  Tous ne peuvent exercer la liberté d’expression au même degré; certains disposent de plus de moyens que d’autres. Tous les Charlie ne possèdent pas la même facilité de concevoir, de critiquer, d’écrire, de parler, de dessiner; tous n’ont pas gagné la même audience. Mais si l’on n’a aucun de ces moyens, il reste la violence des poings et des armes.

Que penser maintenant de la liberté des personnes qui sont au chômage et peinent à survivre? Dans le beau pays du Québec, on a l’ouvrier de 55 ans qui a travaillé une grande partie de sa vie dans une manufacture et qui, à cause de la fermeture de son usine – mondialisation et rationalisation obligent -, se retrouve au chômage; on a l’immigrant qui arrive avec un diplôme de son pays d’origine non reconnu ici, dépouillé dans son estime personnelle et déçu dans ses espoirs; on a la mère monoparentale, seule à gagner la vie de ses 2 enfants, chanceuse si elle conserve son emploi, obligée à de nombreuses restrictions. De quelle liberté jouissent ces personnes? Croyez-vous vraiment qu’elles ont le luxe de se voir en Charlie?

Que penser des actes de folie meurtrière arrivés à Paris? Bien que ma connaissance de la vie en France soit limitée, mon opinion est que les chances qu’ils se produisent dans une société augmentent avec le nombre de jeunes désœuvrés, désespérés ou désorientés. Il faut se demander si les conditions de vie de ces jeunes Français ne seraient pas une cause importante dans ces lâches assassinats.

Jusqu’ici, je n’ai pas parlé de religion, en particulier d’Islam. Quand on est jeune et sans même une perspective d’emploi, la rancœur et le désespoir s’installent et on cherche les causes. Il est facile de blâmer et de s’en prendre à ceux qui ont les connaissances, l’argent, le pouvoir, les moyens de vivre décemment et plus. Il se trouve que ces jeunes ont trouvé dans un certain Islam, dans ses textes et ses formules simples, une justification pour déchaîner leur colère. Ils ont trouvé dans certains cas une communauté d’appartenance, réelle ou virtuelle, partageant les mêmes sentiments. Ces meurtriers fraîchement convertis, je doute  qu’ils soient de vrais musulmans et je pense qu’ils servent d’autres causes. Ça me fait penser aux Croisés européens des années 1100, qui portaient la croix comme étendard, mais n’avaient de chrétien et d’évangélique que le nom: ils se battaient plutôt pour des raisons géo-politiques, dirions-nous aujourd’hui.

Les vrais Charlie sont celles et ceux qui vont s’engager à partir de demain dans la lutte à l’ignorance, à la discrimination et aux préjugés de toutes sortes. Et l’un des préjugés les plus tenaces est que l’immigrant est un voleur de jobs. Oui, du moment que notre gouvernement a accepté d’accueillir en sol québécois des victimes de la guerre ou de la famine, il a le devoir, non, NOUS AVONS la responsabilité de partager avec les immigrants le travail et l’espace; plus que ça, nous avons la responsabilité d’agir en sorte qu’ils se sentent acceptés, de les aider à acquérir les moyens de vivre décemment pour éventuellement exercer les mêmes libertés que nous.

N’avons-nous pas été un jour ces étrangers en quête d’une nouvelle terre, en quête d’un emploi, à la recherche d’une meilleure vie pour nos enfants?

Face à ces événements, en tant que un chrétien je cherche à débusquer les préjugés accusateurs, à mieux connaître les motifs profonds de telles actions, à discerner si les conditions de vie ici au Québec en favorisent de semblables, à promouvoir le dialogue entre communautés.

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