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Relations judéo-chrétiennes: nouveautés

À lire en septembre  2012 sur le site Relations judéo-chrétiennes:

Le Repentir et le Pardon

Rabbin David R. Blumenthal

Si des Catholiques et d’autres Chrétiens souhaitent se repentir et demander pardon pour la persécution des Juifs, ils doivent d’abord comprendre ce qu’une telle démarche exige dans l’esprit du judaïsme. … [lire la suite]

Juifs et Protestants

Entre affinités et incompréhensions

Pasteur Florence Taubmann

Les relations entre Juifs et Protestants en France représentent un véritable défi, selon le pasteur Florence Taubmann, Présidente de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France. Elle retrace l’histoire récente de ces relations et en discute les principaux enjeux dans cet exposé paru dans la revue Sens. (Lire la suite)

Vous trouverez sur le site de l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF) le sommaire des numéros de cette revue. Voici le lien pour celui du mois de mai : http://www.ajcf.fr/spip.php?article1274.

Le sommaire est mis en ligne à chaque parution sur le site de l’AJCF.

Par ailleurs, Relations judéo-chrétiennes reçoit occasionnellement des ouvrages pour en faire la recension. Si vous êtes intéressé à faire une recension (1000 à 2000 mots) pour Relations judéo-chrétiennes, je vous serais reconnaissant de me le signaler. Voici les derniers ouvrages reçus :

Menahem MACINA, L’apologie qui nuit à l’Église. Révisions hagiographiques de l’attitude de Pie XII envers les Juifs. Paris, Cerf, 2012. 318 p.

Trois livres de la collection Azrieli des Mémoires de survivants de l’Holocauste parus en 2012.

Marian DOMANSKI, Traqué. 190 p.

Agnes TOMASOV, De génération en génération. 208 p.

Anka VOTICKY, Frapper à toutes les portes. 181 p.

Pardonner au meurtrier de ses enfants

Pardonner au meurtrier de ses enfants

En guise de commentaire à l’article de P.-Gervais Majeau «Passer de la corde… à la miséricorde», une amie m’envoie une copie de la lettre d’Isabelle Gaston à la Commission d’examen des troubles mentaux et termine sur cette interrogation: «Non à la corde mais quelle grandeur d’âme faut-il avoir pour réussir à pardonner?» Son commentaire m’a donné le goût d’écrire ceci.

«Je te remercie de me transmettre cette lettre et je m’arrête pour y réfléchir. Isabelle Gaston souffre beaucoup évidemment et gardera sans doute, sous les cicatrices du temps, les blessures profondes de ce drame. Elle récuse, comme je l’ai fait d’ailleurs, le verdict de non-responsabilité prononcé à l’endroit du meurtrier de ses enfants. Elle estime que Guy T. constitue un danger pour elle-même et pour la société. Son cas est unique, comme est celui de M. Boisvenu. Comme a été le mien. Et chaque fois, il faut s’en remettre au jugement des humains.

Sur le plan de la justice, on ne peut que s’en remettre à nos institutions (police, avocats, juges, médecins) aussi imparfaites que chacun et chacune de nous l’est. On n’aura jamais fini de les améliorer. Parfois, on a vraiment l’impression que ces institutions nous laissent tomber. Oui, des personnes intelligentes peuvent manipuler le système; oui, les hommes et les femmes qui font ce système peuvent être trompés et se tromper. On entend moins souvent parler des fois où nos institutions ont bien fait.

Sur le plan moral toutefois, M. Boisvenu, Mme Gaston, et moi-même, nous avons toujours le choix: soit de vivre en victime, soit de reconnaître nos blessures et de nous donner à nous-même une seconde chance de vivre. On ne se libère pas d’un tel drame en quelques années. Mais, Isabelle Gaston est jeune; nul doute qu’elle a les capacités de s’en remettre. Je pense qu’elle aura une meilleure vie, elle atteindra une meilleur équilibre, si elle trouve les moyens de chasser la peur qui la mine. Se replier sur sa souffrance et sur son sentiment d’injustice ne la mèneront nulle part.

Sur le plan de l’âme, j’espère pour elle qu’elle considérera que le pardon est un moyen de se libérer de la souffrance et de la douleur et d’entrer dans une nouvelle vie. À cause de l’exemple de Jésus Christ, ses disciples croient que seul le pardon procure la paix et éventuellement redonne la joie de vivre. Nulle part dans sa lettre à la Commission d’examen, Isabelle Gaston n’évoque une possible guérison, ou réhabilitation, autant pour le meurtrier que pour elle-même. En niant l’existence de Guy T., elle se refuse à elle-même, en quelque sorte, la possibilité d’exister pleinement. Faut-il de la grandeur d’âme pour pardonner ou bien simplement la conscience de sa propre fragilité et la foi que l’amour peut vaincre le mal? Nous sommes, dit St-Paul, comme des vases d’argile et nous portons un trésor incomparable: le témoignage que la puissance de Dieu peut élever notre pauvre humanité.»

Aux JMJ, pardon pour l’avortement

Aux JMJ, pardon pour l'avortement

…avec la bénédiction de Benoît XVI. Vraiment, c’est tout un coup d’éclat. Ces journées accueillies dans l’indifférence de tout le monde, sauf pour les jeunes participants et tous ceux qui en profitent économiquement, politiquement et même spirituellement, attirent soudainement mon attention.

L’archevêque de Madrid a permis aux quelque 2000 prêtres réunis aux JMJ , durant la semaine du 15 au 22 août, de donner l’absolution (les libérant ainsi de l’excommunication automatique) aux personnes qui se sont confessées d’avoir avorté ou d’avoir participé à un avortement, à condition de réparer par une pénitence sérieuse.

«Cette (concession) a pour but de faciliter l’obtention de la grâce divine pour les fidèles qui participent aux Journées mondiales de la Jeunesse», explique l’archevêché dans un communiqué publié sur son site internet.

Faudrait-il interpréter cet événement comme un changement en train de s’opérer autant dans le discours officiel et que dans la discipline de l’Église? Il y a un an, le pape disait que l’usage du condom était acceptable pour la prévention du SIDA; aujourd’hui une mesure exceptionnelle libère la conscience de personnes ayant avorté ou aidé à un avortement. Déjà, je vois la droite religieuse s’inquiéter et LifeSite News sommer cet archevêque de démissionner ou même le traîner devant un tribunal d’inquisition. Non, soyons sérieux!

Se pourrait-il que des évêques de plus en plus nombreux songent à pratiquer, pas seulement dans le secret du confessionnal, mais dans leur discours public, ce que Jésus a enseigné, non pas d’exclure les pécheurs, mais de partir à la recherche de la brebis perdue? Se pourrait-il que des évêques exercent leur charge de manière à ce que l’Évangile parle vraiment au cœur de leurs fidèles?

Se pourrait-il que Benoît XVI discerne, ailleurs que dans la bonne doctrine, l’action miséricordieuse du Père? Je n’arrive certainement pas à la cheville de ce théologien et ne suis pas de taille à discuter avec lui, mais je peux voir quand son discours et ses actions suivent la voie de l’Évangile. J’espère que ce geste de la hiérarchie annonce un profond changement dans la manière de regarder les femmes qui demandent de servir comme prêtres et dans la manière de considérer les personnes homosexuelles.

Finalement, deux autres questions/réflexions me viennent:

Benoît XVI a demandé aux jeunes, à la veille de retourner chacun dans son patelin, d’exprimer leur foi dans leur communauté paroissiale. Les JMJ n’auront-elles été pour eux qu’un trip de touriste ou leur auront-elles donné le courage d’entrer dans nos églises peuplées de cheveux gris? Saurons-nous les accueillir avec joie et faire une place à la parole neuve qu’ils apporteront?

Après avoir accordé le pardon aux personnes ayant commis l’avortement l’espace d’une semaine, quel espace de temps le peuple de Dieu accordera-t-il son pardon aux évêques et aux prêtres ayant permis ou dissimulé les abus sexuels? Je souhaite que sa miséricorde n’ait pas de limite. N’est-ce pas Pierre qui demanda à Jésus: «Seigneur, quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois lui pardonnerai-je? Jusqu’à sept fois?» Jésus lui dit: «Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.»