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Ouvrez la porte au dialogue

Ouvrez la porte au dialogue

Le pape François mérite sans contredit mon admiration. C’est un pasteur qui lit et interprète l’évangile, pas comme d’autres qui se réfèrent d’abord au catéchisme. Les apôtres et les premiers chrétiens ont suivi Jésus et ont mis en pratique ses enseignements. Le pape François m’apparaît favorable à la conversion de l’Église, mais je me questionne sur sa posture réelle concernant la reconnaissance des femmes comme capables d’exercer la profession de prêtre et de pasteur dans l’Église catholique. Il faut lire un journaliste du Devoir bien connu, Jean-Claude Leclerc, qui rapporte la rencontre du pape avec des religieuses concernant le diaconat pour les femmes, étape précédant la prêtrise.

Un autre signe qu’il se brasse quelque chose sur l’accession des femmes à la prêtrise est le billet de Pauline Jacob, sur le site Femmes et ministères. Cette femme est une pionnière de la réflexion et des luttes, ici au Québec, des femmes pour accéder à l’ordination sacerdotale. Il faut avoir la foi et beaucoup de ténacité pour soutenir cette cause. Et il vaut la peine de faire un détour pour voir qu’elle n’est pas seule dans ce combat.

Toujours est-il qu’à Rome, du 1er au 3 juin 2016, se tenait une réunion d’environ 6000 prêtres pour souligner l’Année de la Miséricorde. Parallèlement, la Conférence pour l’ordination des femmes tenait un kiosque pour faire connaître son combat. Si vous lisez l’anglais, lisez le témoignage de ces femmes.

Personnellement, à l’âge où je suis rendu, je serais surpris de voir l’Église dans son ensemble se convertir sur cette question. Des évêques canadiens sont engagés pour faire reconnaître la place des femmes, mais ils font encore partie d’une minorité. Une majorité conservatrice mène encore et paralyse les gestes que les progressistes voudraient poser. Un trop grand nombre d’évêques se laissent prendre dans des luttes de pouvoir et n’écoutent pas le Saint-Esprit. Et le peuple chrétien doit subir cela.

Que reste-t-il à faire? Appuyer ces femmes dans leur combat, lire et propager leurs réflexions et leurs appels, saluer les efforts de dialogue, prier que le Saint-Esprit éclaire ces hommes qui ont peur de faire une place aux femmes comme Jésus l’a fait, que même un monde dirigé par des hommes n’a pas réussi complètement à effacer des premiers écrits chrétiens. Quand il a été élu pape, François a demandé qu’on prie pour lui; je l’ai fait. Maintenant je prie pour que l’Esprit Saint éclaire ces hommes qui ont peur. J’aimerais bien savoir où se tient l’évêque de Joliette, Mgr Raymond Poisson, sur cette question… Au cas…, je lui réserve aussi une prière.

D’où vient la Lumière?

D'où vient la Lumière?
Pour nous chrétiens elle est venue en Jésus de Nazareth, Ressuscité, Seigneur. Comment l’avons-nous appris? Par le témoignage d’hommes et de femmes qui ont témoigné de Jésus. Dans ma propre vie, ce furent mes éducateurs, mes professeurs, religieux, certains laïcs, engagés à nous indiquer le chemin.

Je lis ce matin un bel article dans l’Osservatore romano, le journal du Vatican. On y lit ce qui est probablement une homélie du pape François titrée «Les douze colonnes». Il décrit ce qu’est un évêque et je vous le recommande. Pas de théologie savante, mais une parole simple, directe, que tout le monde peut comprendre.

Au moment où le diocèse de Joliette reçoit son nouvel évêque, Mgr Raymond Poisson, cet article nous aide à comprendre son rôle le plus important dans l’Église: être un homme de prière et un témoin de Jésus. Moi, je suis un simple bénévole dans l’église de Joliette, et ça me rappelle qui je dois m’efforcer d’être quand je rencontre toute personne et particulièrement ceux et celles auxquels je suis envoyé.

Je vous invite à le lire. C’est là qu’on reconnaît dans le pape François un homme de cœur, pourquoi il est tant aimé et pourquoi sa parole est Lumière pour mes yeux!

Ce qui se passe dans notre maison

Ce qui se passe dans notre maison

Le premier chapitre de l’encyclique de François sur l’écologie, Laudatio si’, pose un regard sur ce qui se passe dans notre maison. Y passent tour à tour le réchauffement climatique, en partie dû à l’utilisation intensive des énergies fossiles, la question de l’eau potable et sa répartition inégale entre pauvres et riches, la perte de biodiversité engendrée par l’activité économique et des solutions techniques à courte vue, un modèle de développement caractérisé par la culture du déchet et la dégradation sociale, l’absence de conscience claire des riches qui exploitent à outrance et impunément la planète et ont une dette envers les pays et les communautés dépouillées de leurs ressources, finalement, malgré des initiatives positives en faveur de l’environnement, l’impuissance des politiques à dépasser les intérêts régionaux et particuliers et à trouver des solutions globales et efficaces. Cet examen de la maison se termine par une dénonciation du mythe du progrès technique sans limites, par la constatation que les humains détériorent la planète, et également sur une note de confiance:  «L’espérance nous invite à reconnaître qu’il y a toujours une voie de sortie, que nous pouvons toujours repréciser le cap, que nous pouvons toujours faire quelque chose pour résoudre les problèmes.» (no 61)

Je me demande si, dans le confort de notre maison dans les pays riches, nous voulons vraiment savoir ce qui se passe ailleurs? Les problèmes environnementaux font maintenant partie des meubles:  bulletins de nouvelles, recherches scientifiques, manifestations, pétitions, et même consultations publiques. Mais j’ai l’impression que nos gouvernements, aveuglés par le mythe du progrès technique et par le prochain rendez-vous électoral, tentent d’éviter autant que possible les audiences publiques pour ne pas éveiller la conscience du peuple, ce «bon peuple» qui peine au quotidien à gagner sa vie et une fois par année se paie des vacances ou une autre dépense pour oublier sa peine et surtout pour ne pas penser aux enjeux de la vie sur notre planète.

Il est quand même assez étonnant de lire ce matin dans le journal que «Les Micmacs lancent une poursuite contre le projet de Chaleur Terminals Inc.». Trois petites communautés de Gaspésie ont essayé d’être entendues des gouvernements sur les dangers du transport de pétrole sur leurs territoires et pour leur vie même. À défaut de pouvoir être consultées, elles ont finalement recours aux tribunaux. Comment se fait-il que les Québécois ne peuvent pas faire de même? Espérons que les groupes de pression écologistes feront front commun avec elles pour réveiller notre conscience et mettre un frein aux projets insensés entourant l’exploitation des sables bitumineux.  Puisque nos deux gouvernements sont incapables de prendre en compte la qualité de vie et la justice, intéressons-nous à la cause des Micmacs qui est notre cause à tous.

Quelles questions vous suggère ce regard sur la dégradation de notre planète par l’encyclique de François?

La semaine prochaine, le prochain billet portera sur L’évangile de la création