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Carême 2015

Carême 2015

Le Mercredi des Cendres et le Carême reviennent à tous les ans et je veux bien revivre un rite à condition qu’il ait du sens pour moi et tout croyant de bonne volonté. On se souvient de:  «Tu es fait de poussière et tu redeviendras poussière» (Gn 3,19). Mais ce qu’on connaît moins c’est ce passage du prophète Isaïe: «Tu es couverte de poussière, secoue-toi, Jérusalem. Debout, et reprends ta place, Sion la prisonnière, libère-toi des liens qui enserrent ton cou.» (Is 52,2) Si être poussière me rappelle ma condition de mortel, celui qui parle au nom du Seigneur (c’est le rôle d’un prophète) me dit que je suis également fait pour la liberté, et appelé à libérer l’humanité de ses liens.

La violence barbare des groupes du genre État islamique fait constamment la manchette depuis six mois que ce soit en Afrique, au Moyen Orient, en Europe et maintenant au Canada. La peur monte chez les plus fragiles d’entre nous, nous met sur la défensive et réveille un instinct de vengeance et de haine de l’autre. Comment se fait-il qu’ici même au Québec un jeune peut être être séduit par l’appel du groupe État islamique?  Que faire pour échapper à ces entraves (ou ces liens) à la liberté? Oui, il faut prendre le temps de comprendre ce déchaînement de violences.

Et, pendant que nous essayons de comprendre, des millions d’être humains fuient les violences en Syrie, en Irak, au Nigéria, en Libye…, et se réfugient dans des zones ou des pays de paix relative. Certaines personnes ont déjà compris, car ils ont vu des enfants souffrir de la guerre. Je vous invite à aller sur le site de Développement et Paix et à lire un reportage sur le SJR (Service jésuite aux réfugiés) qui date de juillet 2014. Au bas de la page, quelques capsules vidéo valent la peine d’être vues et écoutées. Ça prend un effort vu que c’est en anglais, mais ça vaut vraiment la peine: la musique et les images véhiculent amplement le message. L’amour à ce point là est compris dans toutes les langues. Là, prennent toute leur signification les paroles libératrices de Jésus: « L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a consacré pour apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer la délivrance aux prisonniers et le don de la vue aux aveugles, pour libérer les opprimés,  pour annoncer l’année où le Seigneur manifestera sa faveur. » (Lc 4, 18-19) C’est par ces mots que Jésus commence son annonce que le Royaume de Dieu est déjà là et que nous sommes appelés à y entrer.

Au SJR, il n’est plus question d’appartenance à telle ou telle religion, mais il n’y a qu’une valeur: la solidarité de tous et toutes pour aider les réfugiés. Nous, qui connaissons la paix, ne pouvons rester indifférents à ces guerres et aux souffrances de nos sœurs et frères en humanité. Nous devons commencer par ceux qui vivent au Québec quelle que soit leur groupe d’appartenance et tisser des liens avec eux. Durant ce Carême, retournons aux valeurs enseignées dans l’évangile de Jésus, nous ne pouvons pas nous tromper en faisant cela. En participant à la campagne d’aide de Développement et Paix, nous réaliserons nos souhaits et nos prières que la paix de Jésus Christ soit en tous et chacun. Nous répondrons à l’appel d’entrer dans le Royaume de Dieu, qui est à l’œuvre aujourd’hui et ici sur terre.

 

Coup de balai au Vatican

Coup de balai au Vatican

Le Réseau de l’information (RDI), à l’émission Grands reportages, le 6 janvier 2015, présentait un super documentaire d’enquête sur le ménage que le pape François fait au Vatican, ménage qu’avait entrepris Benoît XVI, mais n’a pas eu la force de continuer. Les rumeurs que j’avais entendues sont maintenant renforcées par ce reportage: corruption et blanchiment d’argent à la banque du Vatican, intrigues politiques, mauvaise utilisation des biens et des fonds appartenant à l’Église.

Le 22 décembre 2014, dans son message de Noël, moins de deux ans après son élection, François dénonce les quinze péchés des plus hautes autorités de l’Église. Il est en train de faire le ménage et je suis de ceux qui le félicitent. Mais je suis conscient aussi de la faiblesse d’un seul homme, comme de ma propre faiblesse. C’est un combat que mène ce bonhomme en soutane blanche, un combat entre le mal et le bien. Est-on sûr que le bien va l’emporter? Jésus a lui-même été plongé au cœur de ce combat et les forces du mal ont eu raison de lui. Est-ce à dire que la cause est désespérée? Ses disciples croient et espèrent que non.

Le Vatican, et plus spécifiquement la Curie qui dirige l’Église, prétend annoncer le Christ,   »Voie, Vérité et Vie »: comment pouvait-on supporter le mensonge, la dissimulation, l’omerta et la corruption? Le sens commun des  catholiques en a éloigné bon nombre; plusieurs pari ceux qui sont restés ont dénonçé ces péchés, ont espéré et espèrent encore une réforme. Le pape François est en train de réaliser la réforme pour laquelle il a été élu par une majorité de cardinaux. Dans la langage catholique, l’Église devait avouer ses péchés et changer ses comportements.

Je me demande aujourd’hui ce que ça va changer dans l’Église de Joliette et dans ma communauté située à St-Paul. Dans le sillage du pape François, quel ménage avons-nous à faire dans notre propre maison? Je ne suis pas au courant de malversations, de corruption et d’intrigues dans notre église diocésaine, mais je sais que depuis au moins 15 ans, avec l’évêque, nous avons identifié un péché de notre église: beaucoup trop d’argent et de ressources sont consacrés à maintenir des bâtiments plutôt qu’à la mission d’évangélisation, l’annonce du message du Christ. Plus ou moins consciemment nombre de nos catholiques se sont éloignés de cette Église devenue tiède, insignifiante parce qu’oublieuse de sa raison d’être.

Le pape François ne fait pas que dénoncer des péchés, par ses gestes il indique la direction à suivre: prendre soin des petits et des pauvres. Je pense que nous pouvons nous en inspirer pour orienter notre Église de Joliette et chacune de nos communautés. Après avoir présidé pendant deux ans au regroupement de trois paroisses en une seule, nous sommes à mettre en place une administration pour la nouvelle paroisse. Mais le plus important reste à faire: retrouver dans nos communautés le sens de notre mission, témoigner de la venue du Royaume en Jésus et de notre foi au Christ ressuscité. Les évangiles sont clairs: Bienheureux les pauvres, le Royaume des cieux est à eux. On ne peut pas ignorer cet enseignement sans être infidèle à  »la Voie, la Vérité, la Vie ». Les biens de l’Église dans ma communauté ne doivent servir qu’à être Bonne Nouvelle pour les pauvres, les malades, les étrangers réfugiés chez nous, les femmes abandonnées, les enfants n’ayant pas déjeuné, n’ayant pas de quoi s’habiller, les personnes victimes de discrimination. Est-ce bien ce qui se passe?

Un deuxième combat fait rage sur notre planète: la violence entre pays et groupes terroristes. Le pape François en a fait une priorité. Bienheureux les artisans de paix, ils auront la terre en partage, disent les évangiles. Quelle sera notre participation à la construction de la paix sur terre? Pensons-nous être à l’abri des attentats? Quelle est notre lecture des événements violents qui secouent notre planète? Y assisterons-nous passivement ou allons-nous y prendre part? Les croyants au Christ n’ont-ils pas la responsabilité de bâtir des ponts entre croyants de toutes religions? Déjà, n’y a-t-il pas du travail à faire pour la solidarité dans notre propre communauté? Éluder ces questions, s’endormir dans le confort et la consommation n’est pas une option pour un chrétien. Je ne suis pas venu apporter la paix, aurait dit le prophète de Nazareth; qu’est-ce que ça veut dire pour moi? Suis-je prêt à payer de moi-même pour la justice, le dialogue, la paix? Quand je mourrai, j’aimerais qu’on dise: il croyait au message de Jésus et n’a pas craint d’en témoigner.

Serions-nous, chrétiens, moins convaincus que les caricaturistes de Charlie Hebdo?

Assez! la guerre!

Assez! la guerre!

J’essaie de comprendre la position du Hamas qui refuse carrément l’existence d’Israël à cause d’un long et lourd passé , mais je la trouve irréaliste. Je comprends la réaction d’Israël  de se défendre contre les attaques incessantes lancées depuis Gaza, mais je trouve aussi irréaliste de penser qu’Israël connaîtra la paix sur son territoire et avec ses voisins grâce à son artillerie lourde.

Comment se sortir d’un  conflit commencé en 1947 et trouver la paix? Certainement pas en niant l’existence de l’autre comme le font les leaders palestiniens. Certainement pas en s’appropriant un territoire qui n’est pas le leur comme le font les colons juifs en Cisjordanie.

Les Israéliens se targuent d’avoir bâti une démocratie au Moyen Orient, la seule démocratie. Je conteste cette prétention. Que vaut une démocratie que les partis religieux ou de droite mènent par le bout du nez? En réalité, c’est une oligarchie sioniste qui gouverne Israël.  Elle ne vaut pas mieux que la dictature islamiste qui tient en otage le peuple palestinien. Que vaut une démocratie incapable d’offrir à ses voisins historiques et à ses propres citoyens même un mince espoir de vie pacifique? Les colons israéliens qui forment le fer de lance de cette démocratie fantoche commettent une injustice et trahissent les principes de leur propre tradition religieuse. Ils ne valent pas mieux que les chefs du Hamas et les dirigeants des autres factions islamistes qui trahissent l’idéal de justice de l’Islam.

Comment se sortir d’un  conflit commencé en 1947 et trouver la paix? Proposer des solutions, sans prendre parti pour les uns ou pour les autres. L’O.N.U. devrait jouer ce rôle. Pourquoi n’arrive-t-elle pas à dépasser ses propres antagonismes? Si la Chine, les États-Unis d’Amérique, la Russie, le Canada (oui, même cette grenouille qui se prend pour un bœuf!) et les autres soit-disant leaders de la planète voulaient vraiment que ça se règle, on y arriverait. Il faudrait pour cela que le Canada, entre autres, cesse de prendre le parti d’Israël et fasse comprendre à ses amis leurs torts. Mais qui veut vraiment la paix? Le petit peuple qui trime du matin au soir? OUI !  leurs leaders qui ont les moyens d’envoyer leurs enfants se faire instruire à l’étranger et promettent un paradis regorgeant de vierges à de pauvres martyrs? NON !

Je suis bien tenté de désespérer des êtres humains. Mais il faut au moins dénoncer l’hypocrisie et le mensonge. Les uns le font en écrivant, d’autres en manifestant dans la rue ou en participant à une pétition. Et tous ces morts, que ce soit des enfants, des adultes ou des vieillards, des civils ou des militaires, révèlent la vraie nature des identités sanguinaires qui n’ont d’autre dieu que la violence. Oui, tous ces morts en appellent à notre sens humanitaire. Pouvons-nous rester indifférents?