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Assez! la guerre!

Assez! la guerre!

J’essaie de comprendre la position du Hamas qui refuse carrément l’existence d’Israël à cause d’un long et lourd passé , mais je la trouve irréaliste. Je comprends la réaction d’Israël  de se défendre contre les attaques incessantes lancées depuis Gaza, mais je trouve aussi irréaliste de penser qu’Israël connaîtra la paix sur son territoire et avec ses voisins grâce à son artillerie lourde.

Comment se sortir d’un  conflit commencé en 1947 et trouver la paix? Certainement pas en niant l’existence de l’autre comme le font les leaders palestiniens. Certainement pas en s’appropriant un territoire qui n’est pas le leur comme le font les colons juifs en Cisjordanie.

Les Israéliens se targuent d’avoir bâti une démocratie au Moyen Orient, la seule démocratie. Je conteste cette prétention. Que vaut une démocratie que les partis religieux ou de droite mènent par le bout du nez? En réalité, c’est une oligarchie sioniste qui gouverne Israël.  Elle ne vaut pas mieux que la dictature islamiste qui tient en otage le peuple palestinien. Que vaut une démocratie incapable d’offrir à ses voisins historiques et à ses propres citoyens même un mince espoir de vie pacifique? Les colons israéliens qui forment le fer de lance de cette démocratie fantoche commettent une injustice et trahissent les principes de leur propre tradition religieuse. Ils ne valent pas mieux que les chefs du Hamas et les dirigeants des autres factions islamistes qui trahissent l’idéal de justice de l’Islam.

Comment se sortir d’un  conflit commencé en 1947 et trouver la paix? Proposer des solutions, sans prendre parti pour les uns ou pour les autres. L’O.N.U. devrait jouer ce rôle. Pourquoi n’arrive-t-elle pas à dépasser ses propres antagonismes? Si la Chine, les États-Unis d’Amérique, la Russie, le Canada (oui, même cette grenouille qui se prend pour un bœuf!) et les autres soit-disant leaders de la planète voulaient vraiment que ça se règle, on y arriverait. Il faudrait pour cela que le Canada, entre autres, cesse de prendre le parti d’Israël et fasse comprendre à ses amis leurs torts. Mais qui veut vraiment la paix? Le petit peuple qui trime du matin au soir? OUI !  leurs leaders qui ont les moyens d’envoyer leurs enfants se faire instruire à l’étranger et promettent un paradis regorgeant de vierges à de pauvres martyrs? NON !

Je suis bien tenté de désespérer des êtres humains. Mais il faut au moins dénoncer l’hypocrisie et le mensonge. Les uns le font en écrivant, d’autres en manifestant dans la rue ou en participant à une pétition. Et tous ces morts, que ce soit des enfants, des adultes ou des vieillards, des civils ou des militaires, révèlent la vraie nature des identités sanguinaires qui n’ont d’autre dieu que la violence. Oui, tous ces morts en appellent à notre sens humanitaire. Pouvons-nous rester indifférents?

Le Dieu auquel je crois a visité son peuple (3/4)

Une foi enracinée dans l’histoire du peuple juif

L’actuel conflit israélo-palestinien n’est pas sans affecter la perception de mes lectrices et lecteurs quant à ce que je vais décrire comme ma foi. Ma vision du peuple juif réfère d’abord à l’expérience biblique, qui décrit une histoire elle-même marquée par les guerres, les exils, les alliances, la domination des empires, ainsi que les périodes de paix. De cette histoire, les prophètes ont interprété les événements, d’une part, en appelant le peuple à se convertir lorsqu’il s’éloignait des prescriptions de la Torah, surtout par ses manquements à la justice,  et d’autre part, en annonçant une libération par le bras puissant de Dieu et une ère de paix, résultat de sa bonté.

À l’égard du «peuple juif» vivant en Israël en 2010, j’ai un seul parti-pris, celui de la paix. Je sais que de nombreux Israéliens recherchent la paix de même que des Palestiniens. Je sais que des Juifs s’accaparent injustement le plus de terres possibles; je sais aussi que des Islamistes, de leur côté, veulent rayer Israël de la carte. Il est tentant pour des juifs, à l’aide de la bible, d’interpréter la conquête de l’antique Palestine comme la volonté de Dieu. Mais ces mêmes juifs oublient l’enseignement des prophètes qui est toujours un appel à la justice. Il n’y aura pas de paix sans justice.

Il n’est pas facile de trouver une voie vers la paix dans un contexte aux intérêts si opposés. Mon opinion présente est qu’Israël doit cesser de coloniser les territoires qui pourraient devenir ceux de l’État palestinien, y inclus Jérusalem-est. C’est le principal obstacle à la paix. Et, vu de loin, les représentants palestiniens, notamment le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, semblent de meilleure foi que les représentants israéliens, notamment Benjamin Nétanyahou, chef d’un gouvernement tenu en laisse par les partis religieux.

Cela dit, ma foi en Dieu s’inscrit dans l’histoire du peuple juif, avec ses ombres et ses lumières, chemins de mort et chemins de vie. Je ne renierai jamais mon héritage judéo-chrétien. À la charnière de l’expérience du peuple juif et de l’histoire de Jésus de Nazareth, on a entendu le prophète Jean le Baptiste proclamer un baptême de conversion (Luc 3, 4-6): «Une voix crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur; faites-lui des sentiers bien droits!…» Déjà, la naissance de Jean baignait dans une atmosphère d’attente du salut, comme on peut lire dans le cantique de Zacharie: «Loué soit le Seigneur, Dieu d’Israël, parce qu’il a visité et libéré son peuple». (Luc 1, 68-79)

ברך אדני אלהי ישראל
אשר פקד את עמו ופדות שלח לו

Cette prière, que je récite tous les jours en hébreu, annonce l’espérance d’Israël de pouvoir servir Dieu en suivant les voies de la justice afin de marcher un jour dans la paix.

En Jésus, Dieu a visité son peuple

La première prédication de Jésus à la synagogue de Nazareth (Luc 4, 16-21) donne le ton de sa mission: il prend à son compte l’annonce de bonheur du prophète d’Isaïe (Is 61,1-2) : « L’Esprit de Dieu est sur moi, car il m’a consacré d’une onction pour que j’annonce la bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé proclamer aux prisonniers la délivrance et aux aveugles le retour à la vue. Il m’a envoyé libérer les opprimés et proclamer une année où le Seigneur sera généreux .» Oui, à la suite des évangélistes, je crois que Dieu a visité son peuple dans la venue de Jésus, dont l’enseignement libérateur et les gestes guérisseurs révélaient Dieu, Père, juste et miséricordieux. N’oublions pas que le nom même de Jésus signifie en hébreu: Dieu sauve.

Un Dieu caché qui se donne à voir

Un jour, Jésus dit: «Je suis le chemin, la vérité, la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi.», et l’apôtre Philippe lui demande: «Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit.» (Jean 14,8) Si on peut comprendre la demande de Philippe de voir le Père, on connaît la réplique de Jésus: « Je suis avec vous depuis si longtemps, et cependant, Philippe, tu ne m’as pas reconnu! Celui qui m’a vu a vu le Père.» Devant le mystère de Dieu qui se cache, une confiance inébranlable m’habite, m’est donnée gratuitement. C’est cette confiance, fondée sur le témoignage de Jésus et à sa suite des apôtres, qu’on appelle la foi. N’est-elle pas réconfortante cette parole de Jésus aux personnes qui ont eu confiance et qu’il a guéries: Courage, ta foi t’a sauvé! (Matthieu 9,22)

Mon expérience de Dieu ressemble à celle  de ces deux disciples, qu’on a dit originaires du village Emmaüs, où ils s’en retournaient au lendemain de la crucifixion de leur maître. En chemin, Jésus les rejoints; mais «leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître», dit le récit. C’est pendant que Jésus leur explique le sens des événements récents et des paroles de la bible concernant le Messie qu’ils découvre peu à peu son identité. À la fin du récit, au moment du geste familier de leur maître, à la fraction du pain, ils le reconnaissent. Le Dieu auquel je crois est caché certes, mais il se donne à voir à travers des personnes et des événements de ma vie, tantôt heureux, tantôt douloureux.

Plutôt qu’une définition ou même une vision de Dieu, je préfère parler de relation. Et c’est le concept d’alliance qui caractériserait la relation que j’entretiens avec Dieu, concept qui se décline en appel et réponse, en liberté et responsabilité, en amour et en pratique de la justice. Le Premier testament relate l’histoire de cette offre d’alliance gratuite de la part de Dieu, de la fidélité de Dieu, des infidélités des hommes, des retours vers le Seigneur. Le Second testament reprend ce thème de l’alliance dans la relation MAÎTRE-DISCIPLES. Lentement, dans la foi, malgré l’incompréhension et des résistances, les disciples reconnaissent en Jésus ressuscité l’action fidèle de Dieu qui visite l’humanité. Ils racontent à leur tour leur conversion et deviennent témoins de l’action de salut du Père. Quand je témoigne aujourd’hui de ma foi, c’est ce Dieu et son Envoyé, Jésus mort et ressuscité, qui sont l’objet de mon témoignage et surtout leur action dans ma vie et dans le monde.

Enfin, mon regard sur la paix en Israël et ailleurs dans le monde est dicté par ma foi: Dieu veut la paix pour tous les hommes, il veut une existence digne pour tous, il veut que chacun de nous y travaille comme il peut. S’ajuster à la volonté de Dieu, changer notre regard et nos actions, pour que cette paix advienne, c’est témoigner de sa venue dans le monde, de la venue du Royaume de Dieu parmi nous.

Vous souhaitez m’interroger ou partager votre propre expérience de foi? Écrivez-moi en privé ou commentez un article publiquement.

Le dernier article de cette série de quatre aura comme titre: Le Dieu auquel je crois: Un et trine
Lire l’article un: Le Dieu auquel je crois: les débuts
Lire l’article deux: Le Dieu auquel je crois: choix de vie adulte

Israël: terre de justice?

Si Israël n’est pas un état voyou, est-il une terre de justice?

HIER, – c’est une façon de parler!- j’ai dit que juifs, musulmans et chrétiens sont également fils d’Abraham. Selon la Torah, Dieu a promis à Abraham une terre et aujourd’hui les «religieux» en Israël se fondent sur cette promesse pour affirmer leur droit de fonder un pays et de posséder la terre de l’antique Palestine. Les fils et filles d’Abraham, l’ami de Dieu, croient que cette terre «ruissellera de lait et de miel», terme pour désigner la Terre Promise, et que, selon les mots du prophète Isaïe, «le désert deviendra un verger, le droit habitera dans le désert et dans le verger s’établira la justice».

AUJOURD’HUI, quelles chances Israël a-t-il de connaître cette terre promise? Malgré qu’Israël possède la plus puissante armée au Proche Orient, quelqu’un peut-il dire que les Israéliens vivent en sécurité et en paix? Malgré qu’Israël se targue d’être le pays le plus démocratique dans la région, quelqu’un peut-il nier que son pouvoir réside bien plus dans ses armes que dans la liberté de ses citoyens? Malgré l’admiration que j’ai pour les réalisations de ce pays et mon amitié pour des Juifs et des Israéliens, je pense qu’ils se trompent lorsqu’ils misent sur leur force.

DEMAIN, – c’est une parole d’espoir – Israël pourra vivre en paix sur cette terre s’il renonce au pouvoir des armes et tend la main au peuple palestinien. Les Israéliens vivront sur une terre de justice, s’ils reconnaissent que les Palestiniens sont eux aussi héritiers de cette terre. Le blocus de Gaza ne désarmera pas les islamistes qui crient «à mort!», mais ne fera qu’augmenter le nombre de ses ennemis. Pour qu’Israël devienne une terre de justice et connaisse la paix, après soixante années de gains militaires et territoriaux, ne serait-il pas temps de pratiquer la politique de la main tendue?

Rappelons-nous tous cette Parole de Dieu, qui nous laisse libres de prendre les chemins de vie et les chemins de mort:

«Vois: je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur, moi qui te commande aujourd’hui d’aimer le Seigneur ton Dieu, de suivre ses chemins, de garder ses commandements, ses lois et ses coutumes. Alors tu vivras, tu deviendras nombreux, et le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays où tu entres pour en prendre possession.» Deutéronome 30,15-16

Quels chemins sont susceptibles de donner la vie? Je suis sûr que toutes les personnes de bonne volonté en Israël pourront puiser dans leur sagesse et dans leurs aspirations à la paix pour trouver ces chemins.