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Pour l’évangélisation des peuples

Je suis engagé en pastorale paroissiale depuis plus de trente ans et, cette année, j’ai été tenté de démissionner devant l’absence de leadership pastoral dans ma paroisse, devant le désintérêt des laïcs à participer à l’évangélisation et, enfin, devant l’absence de programme pastoral de nos curés. Je me suis alors tourné vers l’aide aux pauvres en collaborant avec le Comptoir vestimentaire.

Les mots du Pape François transmis par Yvon R. Théroux viennent éclairer ma route. Est-ce qu’ils ne conviennent pas à merveille en ce temps de fête de la Nativité de Jésus, comme nous le rappelle le prophète:  «Pour vous qui craignez mon Nom, le Soleil de Justice brillera, avec la guérison dans ses rayons. » (Malachie 3, 20) Et l’évangéliste, Luc à propos de l’annonce de la venue de Jésus, réinterprète ces paroles:  «Notre Dieu est plein de tendresse et de bonté : il fera briller sur nous une lumière d’en haut, semblable à celle du soleil levant, pour éclairer ceux qui se trouvent dans la nuit et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix.» (Luc 1, 78-79)  La consigne est claire pour moi: se tourner vers ceux qui se trouvent dans la nuit et faire route avec eux, sachant que, là, nous rencontrerons Jésus, source de notre guérison.

Leversoleil

Je remercie Yvon R. Théroux qui nous recommande la lecture de ce compte-rendu des récents propos de François.

Pour évangéliser, l’Église doit elle-même s’évangéliser, rappelle le pape François au dicastère pour l’Évangélisation des peuples.

Le pape a reçu en audience au Vatican, ce jeudi, 3 décembre 2015, les membres de l’assemblée plénière de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, réunie sur le thème de la mission « ad gentes ». C’était la fête du patron des missions, saint François Xavier S.J.

Pour s’évangéliser elle-même, l’Église doit continuer d’écouter la « Parole » de Jésus, recommande le pape : « Il n’y a que comme cela qu’elle est capable de garder sa fraîcheur et son élan apostolique. »

Et elle doit s’abandonner à l’Esprit Saint : « La mission ne répond pas en premier lieu à des initiatives humaines ; c’est l’Esprit Saint qui est le protagoniste, c’est son projet. »

Et cette mission transforme l’Église : c’est « le moteur et l’horizon de la foi », « c’est une force capable de transformer l’Église de l’intérieur », car « l’Église sert la mission ».

Le pape lance ce défi aux paroisses : « Que chaque paroisse fasse sien le style de la missio ad gentes. De cette manière, l’Esprit Saint transformera les fidèles habituels en disciples, les disciples désabusés en missionnaires, les poussant hors de leurs peurs et de leur enfermement et les projetant dans toutes les directions jusqu’aux confins du monde. »

Il invite à la générosité justement quand il y a peu de vocations : « L’Église vit et grandit en sortant, en prenant l’initiative et en se faisant proche. C’est pourquoi, vous encouragez les communautés à être généreuses même dans les moments de crises vocationnelles. »

Il s’agit, explique encore le pape, de « s’engager afin que l’esprit de la missio ad gentes anime le chemin de l’Église, et qu’elle sache toujours écouter le cri des pauvres et des marginaux, rencontrer tout le monde, et annoncer la joie de l’Évangile ».

Il a donné en exemple les communautés africaines qu’il vient de rencontrer, pour « le dynamisme spirituel et pastoral de nombreuses jeunes Églises ».

Là-bas, l’Église se met au service des plus pauvres : « Là où il y en a besoin, l’Église est presque toujours présente et prête à soigner les blessures des plus nécessiteux. »

( 3 décembre 2015) © Innovative Media Inc.

À propos du synode… (2)

À propos du synode... (2)

C’est toute une perle que l’intervention au synode sur la nouvelle évangélisation du cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne en Allemagne! J’en ai eu le souffle coupé! Voilà un leader de l’Église qui parle à mon goût et que le monde moderne peut comprendre. Lisez le compte rendu de son intervention, c’est une vision à la fois évangélique de l’Église et une vision que l’homme moderne est en mesure de comprendre.

Dans l’article, l’évêque parle de la rencontre de Philippe avec un fonctionnaire éthiopien sur la route de Jérusalem à Gaza. Le livre des Actes des apôtres raconte comment s’est passée la première évangélisation. Sortez votre bible et lisez Actes 8, 27 à 40. Ça vaut le détour. On comprend mieux l’intervention du cardinal Meisner.

En passant, un synode de l’Église – assemblée d’évêques – peut vous sembler loin des réalités modernes et de votre vie, mais voyez comme il s’accorde à merveille avec le propos du cardinal !  Le grec a été la première langue qui a servi à transmettre par écrit les récits de mission des premiers apôtres. Synode est composé du grec «syn», avec, et de «odos», route. «Synodeuô» est le verbe qui veut dire «faire route avec...». L’intervention du cardinal Meisner illustre bien ce que devrait être toute évangélisation: faire route avec l’autre. L’évangélisation a commencé sur une route: vous vous  souvenez peut-être de ce mystérieux étranger qui se joignit aux disciples d’Emmaüs et fit route avec eux. Ce récit du dernier chapitre  de l’évangile de Luc a toujours été inspirant pour moi. Une autre lecture qui vaut le coup.

Très inspirants les propos de ce cardinal non seulement pour toute personne engagée en pastorale, mais pour chacun et chacune des baptisés qui cherchent à déchiffrer le sens de la vie et partagent volontiers leurs questions avec les autres ! En tous cas, il me semble que faire route avec cet étranger, le cardinal Meisner, me donnerait espoir pour l’annonce du Royaume.

Verrai-je le jour…

Verrai-je le jour...

… où l’assemblée des évêques catholiques du Québec et la conférence canadienne des évêques catholiques appuieront officiellement les requêtes des femmes d’avoir accès à des ministères ordonnés? Pourrai-je un jour chanter comme le vieux Siméon, au chap. 2 de l’Évangile de Luc: «Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix…»?

À Rome, on prépare le prochain synode sur la Nouvelle Évangélisation et, ici, nos évêques canadiens et québécois enverront bientôt leurs propositions et souhaits pour ce synode. C’est pourquoi le réseau Femmes et Ministères soumet à nos évêques trois propositions pour que les femmes soient considérées comme des collaboratrices reconnues dans les ministères du lectorat, de la parole et du diaconat.

Nos évêques prendront-ils collectivement position et appuieront-ils leurs demandes? Ils auraient ainsi une belle occasion de se refaire une crédibilité auprès des catholiques, car comment parler de nouvelle évangélisation sans tenir compte du cri des hommes et des femmes que l’on a reçu mission d’évangéliser… Ces hommes et femmes ont déjà accepté l’égalité des deux sexes et l’intègrent dans tous les secteurs de la vie. Parce que l’on est catholique, et a fortiori, quand on est évêque, peut-on se soustraire à l’exigence d’être de son temps et de son peuple?

Dieu s’est fait homme en Jésus, il a assumé l’être humain en son entier; il n’a pas fait de différence entre les hommes et les femmes. Comment nos évêques pourraient-ils se soustraire à l’exigence d’assumer l’être humain en son entier? Il faut donner une voix aux femmes, leur faire une place reconnue dans les ministères de la Parole, c’est-à-dire dans l’annonce de la Bonne Nouvelle. La Nouvelle Évangélisation sera crédible aux yeux de tous si on respecte cette exigence.

D’aucuns me diront que mon appui aux démarches des femmes est inutile. Si des évêques à titre individuel ont donné leur appui, la structure de pouvoir est trop forte dans l’Église catholique. Mais pour un chrétien quelque chose compte plus que le pouvoir, c’est la foi que le Règne de Dieu transforme les cœurs et les esprits et la confiance en l’action bienveillante de Dieu pour les humains.

Écrivez pour donner votre appui à info@femmes-ministeres.org

Sites à visiter:

Assemblée des évêques catholiques du Québec
Conférence canadienne des évêques catholiques
Réseau Femmes et Ministères

Sur le site Femmes et Ministères, pour ceux qui ne répugnent pas à un article assez long, il est intéressant de lire un article de Mgr Joseph Moingt qui questionne la position de Jean-Paul II sur un «débat clos».