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Être chrétien, être envoyé

En cette fin d’avril, nous vivons le temps des célébrations de la Résurrection du Seigneur jusqu’à la Pentecôte. J’ai retrouvé une médaille que portait mon beau-père sur laquelle apparaît une illustration des douze apôtres couronnés d’une langue de feu. Elle réveille en moi le souvenir d’une foi authentique chez de nombreux Québécois qui professaient la foi catholique,  il y a 50 ans encore. Je la porte avec ferveur, car je me sens riche de l’héritage religieux de nos ancêtres.

En même temps, je vois aujourd’hui qu’ils sont de plus en plus exceptionnels celles et ceux qui célèbrent la foi de leur baptême, témoignent du Royaume de paix et de justice annoncé par Jésus et sont engagés en faveur des pauvres en son nom. Je me sens privilégié d’être de ces disciples et je garde confiance en ces temps de vents contraires pour l’Église, à qui il a été demandé de continuer la mission.

Certains d’entre nous déplorent la désertion des lieux de culte. Pas moi. Ça me rappelle une histoire que je ne manquais jamais de raconter à mes élèves. «Vous avez peut-être déjà lu sur la porte d’entrée de nos maisons le message suivant: ‘Nous sommes de foi catholique, veuillez respecter notre foi.’ Je leur disais alors qu’il aurait mieux valu écrire: ‘Désolés de ne pas vous recevoir, nous sommes sortis annoncer la bonne nouvelle.’ Le but était évident: se mettre à l’abri de l’ardente foi des Témoins de Jéhovah.

Aujourd’hui, c’est nous qui sommes invités à sortir des églises par le Seigneur lui-même. «Allez et enseignez toutes les nations. Baptisez-les et apprenez-leur tout ce que je vous ai enseigné.» La fête de la Pentecôte nous rappelle que, par notre baptême, l’Esprit Saint a été déposé en nous et que par nos paroles et nos actes nous pouvons faire connaître Jésus et notre Dieu, son Père.

Si parfois je me suis éloigné de l’Église et des prêtres, je sais que je peux toujours revenir, car comme le père du fils prodigue, il est là regardant par la fenêtre à attendre que son enfant revienne, et qu’il y aura plus de joie au ciel pour un seul pécheur repentant que pour 99 justes. C’est là qu’on mesure l’amour du Père. Je suis envoyé à mon tour pour révéler la bienveillance du Père vis-à-vis toute personne que je rencontre. Et l’Esprit qui est en moi m’enseignera tout ce qu’il faut dire.

Je vous souhaite une lumineuse fête de la Pentecôte!

Pourquoi faire carême?

«Carême» est un nom issu du latin populaire quaresima, altération du latin classique quadragesima, quarantième, pour quarante jours avant Pâques. (Le Robert historique, 1998)

Quand on entend carême, on pense généralement à une privation de nourriture ou de quelqu’autre objet de consommation qui peut être en même temps source de plaisir. La tradition du jeûne s’est perdue depuis que les catholiques d’ici sont privés de l’enseignement religieux et de l’enseignement dispensé à l’occasion des célébrations liturgiques. Ceci dit, je pense que le jeûne fait partie de l’identité chrétienne, oui, celle que nous recherchons après avoir tant cherché à nous libérer de tout ce qui était contraignant dans la religion. C’est pourquoi il importe donc d’en redécouvrir le sens. D’abord, le carême prend son inspiration dans le séjour de Jésus  au désert pendant 40 jours:

«Jésus, rempli d’Esprit Saint, revint du Jourdain et il était dans le désert, conduit par l’Esprit, pendant quarante jours, et il était tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et lorsque ce temps fut écoulé, il eut faim.» (Luc 4,1-2)

Un chrétien pense au jeûne souvent pour suivre la coutume, mais tout au fond il faut y voir une poussée de l’Esprit Saint.  C’est le même Esprit Saint qui est descendu et a reposé sur Jésus au baptême et l’a poussé ensuite au désert. C’est le même Esprit qui a ressuscité Jésus à Pâques et quand, à la Pentecôte, Pierre annonce à la foule que les temps sont accomplis, il déclare que se réalise la parole du prophète Joël:

«Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes; oui, sur mes serviteurs et mes servantes en ces jours-là je répandrai de mon Esprit et ils seront prophètes.» (Actes 2, 16-18)

Cette annonce me concerne aujourd’hui et décrit mon identité de chrétien. Je comprends par là que tout baptisé devient prophète, quand l’Esprit Saint répand l’amour dans son cœur, quand il lui suggère de prier, quand il raffermit sa foi et son espérance. Pour un chrétien jeûner est une manière de prophétiser, c’est-à-dire témoigner de la présence de l’Invisible. Ce qu’on devrait voir, c’est la transformation de sa personne dans le sens d’un plus grand amour des autres, d’une plus grande présence à Dieu et d’une espérance renouvelée en la réalisation de sa promesse de vie éternelle.

Je peux jeûner selon les prescriptions de l’Église – c’est plus facile de faire comme les autres – , ou bien choisir la manière qui me convient – mais alors c’est plus difficile de tenir à sa résolution. Matthieu rappelle l’enseignement de Jésus là-dessus:

«Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air sombre, comme font les hypocrites… Pour toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage, pour ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais seulement à ton Père qui est là dans le secret.» (Mt 6, 16-18)

L’Église prescrit de jeûner le Mercredi des Cendres et le Vendredi saint; c’est bien, mais finalement, ce sera l’Esprit Saint qui me soufflera à l’oreille de quelle façon je pourrai laisser Dieu me transformer, me convertir, car les tentations du diable dont parle le récit de Luc (4, 1-2) montrent que l’être humain doit choisir entre  les chemins de mort et les chemins de vie. Quel geste permettra à l’Esprit d’amour de me détourner des chemins de mort pour emprunter un chemin de vie? C’est à chacune et à chacun de voir.

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Shavouot – Pentecôte

Shavouot - Pentecôte

Shavouot, les semaines, c’est le nom donné à la fête juive qui a lieu 50 jours après la Pâque, d’où le nom de la fête chrétienne Pentecôte (le grec pentècostè signifie cinquantième). Les Juifs fêtent le don de la Torah, la remise à Moïse du Décalogue et la fidélité du peuple juif à la Torah. Les Chrétiens fêtent le don de l’Esprit saint, son effusion sur les apôtres et la mission des Chrétiens dans le monde afin que par le Christ la puissance de Dieu fasse de l’humanité une nouvelle création.

À celles et ceux qui veulent se ressourcer et confirmer leur baptême, je propose un excellent article de Claude Lacaille p.m.e., Créer la grande famille des peuples, sur le site Interbible. Un petit voyage dans la Bible trop peu connue, un cours sur l’Église dans toute sa beauté, un cours sur la mission que nous avons reçue par notre baptême.

Bonne Pentecôte!