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Le niqab s’invite dans les élections

Le niqab s'invite dans les élections

Aux prochaines élections fédérales, j’essaierai de voter pour le parti qui reflète le plus mes valeurs. L’une d’elles est l’égalité des femmes et des hommes.

En pays démocratique, on a le droit de questionner les valeurs qui guident une Cour de justice au moment où un jugement est prononcé. Dans l’affaire du port du niqab à la cérémonie d’assermentation des nouveaux citoyens, le juge, me semble-il, ainsi qu’aux yeux de la majorité des citoyens canadiens, a-t-il respecté la valeur de l’égalité des femmes et des hommes? Le bon sens dit NON. Ce jugement me semble donner une préséance injuste à la liberté religieuse sur l’égalité de tous les humains dans ce pays.

Je suis un IMBÉCILE  (du latin imbecillus, faible de corps, dont le sens a évolué vers dépourvu d’intelligence, faible d’esprit), si je reste silencieux devant ce jugement et je vis dans un pays d’imbéciles,  si collectivement nous ne questionnons pas ce jugement. Quel individu sensé  dans ce pays ne voit pas que les défenseurs du port du niqab – au moins dans la sphère publique – sont des propagandistes, conscients ou non, d’une idéologie opposée à l’égalité des femmes et des hommes? Et que penser d’un juge, et du cortège des défenseurs des minorités, aveugles devant une telle propagande? Il est intéressant de lire différents points de vue sur la question. Et l’expérience d’une Fatima Houda-Pépin a beaucoup d’importance à mes yeux.

Mon jugement actuel est que les musulmans, comme les adeptes d’autres religions, ont le droit de pratiquer leur religion et de l’exprimer dans la mesure de l’acceptable. Il est aussi acceptable pour les femmes musulmanes de porter un hidjab (voile qui couvre les cheveux) que ce l’est pour d’autres personnes ayant adopté une coiffe particulière. On le fait pour des raisons pratiques autant qu’esthétiques, professionnelles ou religieuses pour d’autres personnes. Jusque là tout me semble acceptable et conciliable avec la dignité de la femme et des rapports entre citoyens. Qu’une religieuse catholique porte le voile est acceptable pour les mêmes raisons, même si nombre d’entre elles préfèrent aujourd’hui exprimer leur adhésion à Jésus Christ par un sourire et des mains secourables. Ce qui n’est pas acceptable, c’est le visage voilé. On ne l’accepte pas dans des manifestations, on ne l’accepte pas d’un citoyen ainsi vêtu qui irait faire un retrait à la banque. Le visage voilé signifie qu’on veut cacher quelque chose, qu’on veut obtenir un service ou profiter de l’autre sans qu’il voit et sache à qui il a affaire. C’est contraire au principe d’égalité. Un citoyen le prendrait très mal de comparaître devant un juge portant le niqab.

Ce qui est inacceptable, c’est que les propagandistes d’une idéologie anti-femmes se voient confirmés par UN JUGE dans leurs actions niant un principe aussi fondamental de notre société: l’égalité des femmes et des hommes. Ayant jugé que le port du niqab est une expression acceptable dans la sphère publique de son appartenance religieuse, comment d’autres juges feront-ils pour s’opposer à la coutume des mariages arrangés, sans le consentement éclairé d’une personne mature et majeure, mais soit disant conforme à des principes religieux? Si l’appareil judiciaire semble approuver une position de sa confrérie religieuse, comment une femme dominée trouvera-t-elle la force d’exprimer son avis et d’agir librement?

Ce qui est inacceptable d’un juge l’est autant des politiciens en campagne électorale qui se prostituent pour obtenir le vote des minorités et gagner quelques points dans les sondages. J’ai nommé le NPD et le PLC. J’ai clairement un parti-pris et je ne raterai pas le moment du vote pour exprimer mon avis. Les candidats, membres d’un parti en accord avec le port du niqab, sont barrés de ma liste.

Pour ce qui est de débattre de la question de fond à propos du port du niqab et des droits de la personne, cela ne fait que commencer et j’ai bien l’intention de ne pas rester à l’écart, même si c’est difficile. Réveillons-nous, maintenant.

Un parti en quête de leader

J’ai eu l’occasion dernièrement de répondre à Alexandre Cloutier qui demandait des suggestions sur son site Internet et promettait de les lire, les analyser et y répondre. J’ai pensé que ça pourrait faire l’objet d’un billet. En voici à peu près le texte.

Pour gagner une majorité de citoyens à voter OUI au référendum, il faut mettre au sommet de nos priorités l’apport de l’immigration et des filles et fils d’immigrants. Comment le faire: voici quelques suggestions.

– Il faut d’abord s’assurer de présenter un certain nombre de candidats aux élections qui viennent de cette catégorie de citoyens.

– Il faut mieux connaître les communautés locales d’immigrants, surtout en ville, identifier des petits groupes à rencontrer et prêts à connaître et discuter de l’option souverainiste; en retour, les organisateurs ou députés du parti doivent écouter les préoccupations de ces citoyens et les prendre en compte.

– Il faut porter une attention plus particulière aux besoins de ces citoyens en matière d’éducation et d’emploi. Rappelons-nous que ces personnes sont venues ici en quête d’un meilleur avenir pour leurs enfants et leur famille. Il faut comprendre cela. Quand un groupe de familles immigrantes arrive dans une ville, les députés et candidats doivent se rendre disponibles à elles et s’informer de leur vie en général et de leurs besoins. Ils doivent aussitôt que possible trouver des personnes pour entretenir ces liens. La souveraineté ne se gagnera pas seulement à coups de publicité, mais peut-être plus à coups de proximité.

– En matière de laïcité, je pense de plus en plus que les Québécois font erreur en essayant de bannir le fait  religieux de l’espace public. Plus on ostracise le fait religieux, plus on risque que certaines communautés, dont l’identité est constituée pour une part de la dimension religieuse, se referment davantage dans des ghettos ou se joignent aux autres partis politiques. En cette matière, le Parti québécois doit leur apparaître comme un interlocuteur valable en matière religieuse.

– Tout en assurant le respect de nos valeurs communes comme l’égalité de tous devant la loi, l’égalité des femmes et des hommes, un accès égal aux services publics, on gagnera à tenir compte de certaines particularités religieuses et culturelles et à considérer les autres cultures comme un enrichissement pour toute la collectivité. Par contre, il faudra développer notre discernement en rapport avec les discours et les comportements irrespectueux de ces valeurs et les dénoncer seulement quand un véritable discernement a été fait et non par racisme ni démagogie.

– J’aimerais bien qu’on se souvienne que nos ancêtres ont tous été des immigrants et que nous sommes descendants d’immigrants. Quand nous sommes arrivés ici, des autochtones y vivaient déjà; à cause de cela nous ne devons pas nous considérer comme les premiers ou uniques propriétaires de ce pays, mais comme des occupants, obligés à notre tour de le partager, comme l’ont fait les autochtones.

Votre point de vue serait bien apprécié et encore plus si on pouvait le lire à la suite de mes suggestions. 🙂

Pour une charte inspirante et motivante

Pour obtenir une meilleure adhésion à cette charte des valeurs québécoises, il serait souhaitable que nous obtenions le plus large consensus qui soit et faire montre de patience et de persuasion pour faire en sorte que notre société soit plus inclusive. Voici donc 5 balises pour encadrer nos accommodements : 1) Au Québec, nous voulons une société où les femmes et les hommes sont égaux en droits et en dignité; 2) Au Québec, on fonctionne à visage découvert pour éviter toute méprise et pour favoriser des rapports harmonieux entre tous; 3) Au Québec, nous réprouvons les mariages forcés de mineur(e)s et nous devrions les déclarer nuls et illégaux; 4) Au Québec, les mutilations sexuelles ou encore les mutilations décrétées comme punitions doivent être interdites et déclarées illégales; 5) la notion de crimes d’honneur est à rejeter à tout prix et ne peut être invoquée en défense au Québec.

Il serait bon également de favoriser la création de passerelles pour encourager l’intégration des communautés nouvellement arrivées au pays : 1) Précisons en tout premier lieu ce que nous entendons par INTÉGRATION; s’intégrer c’est devenir accueillant et réceptif devant la culture de la communauté accueillante. On peut conserver sa culture, ses valeurs tout en se montrant enthousiaste à les vivre dans la culture et les valeurs de la société d’accueil. 2) Il arrive que les nouveaux arrivants veuillent conserver intégralement leurs valeurs par crainte de perdre leur identité. Ce réflexe est compréhensible. Alors que la société d’accueil offre des parrainages pour favoriser l’insertion des immigrants. 3) La population québécoise, vivant une condition minoritaire au Canada et en Amérique du Nord, exprime ses craintes devant une immigration peu encline à s’intégrer à elle. Cela s’explique facilement. Favorisons en premier lieu, une reconnaissance officielle de la spécificité du Québec. Une fois que les québécois seront confirmés dans leur identité, ils exerceront une plus grande attraction des immigrants. Peu de gens sont motivés à s’intégrer à des groupes peu favorisés ou peu reconnus. Tant qu’à s’intégrer, pourquoi ne pas aller vers des gagnants! 4) Prenons conscience qu’au Québec, un mouvement dit laïque tend à rendre suspects et questionnables tous croyants, aussi bien chrétiens que musulmans ou autres. Favorisons entre les grandes communautés de croyants des passerelles pour favoriser leur harmonie et leur compréhension mutuelle. 5) Enfin l’État doit se montrer neutre tout en favorisant la vitalité des communautés culturelles ou religieuses. Tout en favorisant l’harmonie des différents groupes religieux, l’État doit se montrer juste et neutre. Enfin, qu’on arrête une fois pour toute de vouloir sauver le patrimoine et oubliant que la foi n’est pas seulement écrite dans la pierre des bâtiments et dans les œuvres d’art mais qu’elle est vivante et portée par toute une large communauté de croyant(e)s. Si on veut à tout prix sauvegarder le crucifix à l’Assemblée Nationale pour maintenir le patrimoine, je n’y tiens pas beaucoup car en faisant cela, on tend à affirmer que ce symbole en est un du passé des Québécois comme s’il ne représentait plus rien pour l’aujourd’hui de notre peuple. Nous devrions prendre beaucoup de temps pour arriver à la promulgation de cette charte afin que les passions s’estompant, laissent plus de place à la réflexion et à la sagesse.