Mazal tov, Reinaldo!

Reinaldo est un jeune brésilien que j’ai côtoyé quelques semaines à Jérusalem, au Couvent Notre-Dame de Sion (Ein Kerem). Il est membre de la communauté des Frères de Sion et sera ordonné diacre le 1er mai. Quelle belle journée, je présume, pour lui! Sans doute, le rêve de sa vie et le terme de plusieurs années d’études et de discernement.

Pour sa communauté, quelle heureuse nouvelle et pour toute l’Église catholique aussi! Un jeune qui chemine vers le service pastoral aujourd’hui avance à contre-courant et, selon moi, c’est déjà une manière d’entrer dans l’esprit de Jésus de Nazareth, qui vécut lui aussi à une époque incertaine et dominée par des forces politiques opposées au Royaume de Dieu. Reinaldo est une belle jeunesse, comme on dit par chez nous au Québec; à son appel au sacerdoce s’ajoute un talent de musicien; en voie d’être polyglotte, il est aussi bien branché sur le monde actuel. Ses frères en communauté me semblent pétris dans la même pâte. Je prie pour Reinaldo en ce jour bien spécial, pour lui et ses frères, qu’ils soient les bons bergers dont le peuple de Dieu a tant besoin; qu’ils deviennent levain et lumière, souffle et témoins de fraternité dans un monde dominé par l’individualisme, l’économie et particulièrement les grands intérêts du  complexe militaro-industriel.

Durant mon séjour à Jérusalem, la présence d’un grand nombre de religieuses, religieux et prêtres ne m’a pas étonné, mais elle continue de m’interpeller. Matin et soir, je pouvais prier l’office des laudes et des vêpres avec les Soeurs contemplatives de Sion ou la Communauté du Chemin neuf. C’était une chance et une joie de partager leur prière et quelques heures de leur vie contemplative. Malgré ce nombre impressionnant de religieux, les chrétiens ne forment qu’une toute petite communauté dans cette ville à très forte majorité juive et musulmane. Aussi, ils ont dû développer des attitudes particulières: ouverture, humilité, audace, persévérance. Toutes nécessaires pour y témoigner du Christ ressuscité!

Je souhaite conserver des liens avec ces sœurs et frères dans le Christ qui vivent à Jérusalem. Ils témoignent à tous les visiteurs d’une ouverture remarquable, sensible, joyeuse, d’un esprit de service enthousiaste, fidèle, débrouillard, et d’un style de vie axé sur la pauvreté et la confiance en Dieu.  Béni soit le Seigneur qui les a mis sur ma route! Venu à Jérusalem pour m’immerger dans un milieu parlant hébreu, j’ai trouvé plus encore: une maison ouverte à tous – ma traduction libre de église catholique – où l’on se soucie de parler la langue de l’autre. Je la comparerai volontiers à cette jeune communauté chrétienne qui à partir de la Pentecôte se mit à parler dans toutes les langues qui sont sur la terre. N’est-ce pas cet appel qu’on trouve dans l’Évangile? Pour être entendu, il faut apprendre le langage de celui à qui on veut annoncer une bonne nouvelle. Il n’est pas toujours nécessaire de maîtriser parfaitement la langue et de posséder un vocabulaire étendu, mais il importe plus encore d’avoir une vraie bonne nouvelle et d’avoir été soi-même transformé par elle. Cette nouvelle, le don de la vie de Dieu en abondance, n’est-elle pas la plus extraordinaire, la plus enthousiasmante, la plus digne qu’on y consacre toutes ses énergies!

Voilà l’impression que je garde des membres de la Communauté du Chemin neuf, des Sœurs et des Frères de Sion.  Une personne dans cette communauté a apprécié mon côté tout terrain; en revanche, j’ai aimé votre côté évangélique tout à tous!

Voilà ceux que je porterai dans ma prière. Ça fait beaucoup, mais, paraît-il, le coeur humain est grand et celui de Dieu infiniment grand!

Cordial SHALOM à vous toutes et tous!

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