Le chat sort du sac

À la veille du jour où le gouvernement sortira le projet de loi  sur la Charte des valeurs québécoises – bien mal nommée à mon avis – , des acteurs sociaux révèlent les enjeux importants pour eux.

Le gouvernement québécois, après de longues semaines de débats, semble avoir fait son lit: il reste ferme dans son intention d’interdire le port de signes religieux ostentatoires, même dans le monde de l’éducation et des hôpitaux, sauf une période transitoire. Lire cet article du Devoir.

Hier, deux organismes, le Collectif québécois contre l’islamophobie (CQCI) et le Conseil musulman de Montréal (CMM), dénonçaient l’augmentation des actes d’islamophobie. Évidemment condamnables ces actes, mais également prévisibles car il y aura toujours des extrémistes ou des «malades» pour donner libre cours à leur délire. Exemple: le cas de tentative d’attentat d’un dénommé Bain le soir de l’élection de Pauline Marois que les anglophones libéraux ont sûrement désapprouvé. Ces deux organismes, qui parlent cependant au nom d’une minorité de musulmans, ont peur d’aborder le fond de la question: le traitement que l’Islam réserve aux femmes. Ils se servent de la liberté d’exercer leur religion reconnue par nos chartes pour imposer aux femmes une tutelle qui a justement été condamnée et abandonnée par les mêmes chartes. Je croirai à leur bonne foi quand des musulmans mâles se mettront à porter le voile et, plus sérieusement, quand ils dénonceront les groupes ou les régimes qui font la promotion de la charia. Qu’on se le tienne pour dit: nous vivons dans un pays qui a reconnu aux femmes un statut social égal à celui des hommes et ne sommes pas prêts à des accommodements sur cet enjeu. L’avocat Julius Grey vient appuyer cet apparent concert de voix pour dénoncer l’augmentation de l’islamophobie, avec force statistiques. Pourquoi, en disant que  l’islamophobie augmente dans tout l’Occident, ne se donne-t-il pas la peine de considérer les statistiques en Égypte et d’autres pays arabes où plus de la moitié des citoyens luttent aussi contre l’islamisme? Monsieur Grey, y a-t-il proportionnalité entre les quolibets adressés aux femmes voilée ici au Québec et les viols collectifs de femmes qui osent manifester publiquement leur opposition aux lois inspirées de la charia en Égypte? Nous n’avons peut-être pas beaucoup voyagé, mais nous lisons les journaux et regardons la télé. L’Islam, pour respectables que soient les religions à mes yeux, doit se départir de son aile politique qui est l’islamisme. Les  Québécois ont remis les chefs religieux catholiques à leur place, ils ne vont pas les remplacer par des islamistes.  Je conseille aux Musulmans modérés de questionner les représentants du CQCI et du CMM et leur demander s’ils sont prêts à aller au delà des dénonciations, pour se critiquer eux-mêmes et s’adapter à nos mœurs et nos lois.

Il est intéressant de lire ce que dit une femme issue de la société arabo-musulmane, une algérienne nommée Wassyla Tamzali.  Le « féminisme islamique » est une pure création de l’Occident, affirme la féministe algérienne Wassyla Tamzali. L’auteure de Burqa? s’inquiète de ce que le Québec se dirige vers « la voie du milieu » pour son projet de charte de la laïcité, toute dilution du concept ouvrant la porte « au fanatisme religieux ».

Je mets davantage de crédibilité à ses propos concernant l’Islam qu’à ceux de Julius Grey. Et je me demande, par ailleurs, à quels motifs obéit l’avocat  pour s’opposer ainsi au projet du gouvernement québécois. Est-ce vraiment  la défense de la veuve et de l’orphelin?

 

 

 

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