L’avenir de nos communautés

Quand du regard je fais le tour de l’église de St-Paul à la messe du dimanche, je compte sur les doigts de la main les jeunes adultes et les enfants venus participer au repas eucharistique. On déplore l’absence de nos jeunes. Pourtant, c’est tout différent aux célébrations du baptême le dimanche après-midi. Lorsque le prêtre réunit autour des fonts* baptismaux les petits enfants pour le rite de bénédiction de l’eau, on a le sentiment de vivre un événement, une rencontre. À l’appel du prêtre, la vie a surgi des bancs où tout est habituellement si tranquille; la première gêne disparue, ça se met à grouiller autour de lui dans le chœur*. Il est facile de faire parler les enfants qui ne demandent qu’à découvrir ce monde nouveau et un peu étrange.  Ipad ou iphone à bout de bras, les yeux des parents, tantes et oncle, se mettent à pétiller, les grands-parents sourient et prennent un coup de jeunesse.

Comment reproduire ce climat à la messe? Il suffirait de si peu… d’imaginer un geste d’accueil des enfants et de faire comme Jésus, les placer au milieu pour apercevoir que le Royaume de Dieu est arrivé au milieu de nous! Pendant que le prêtre s’occupe à accueilir ses paroissiens à l’entrée, il me semblerait facile d’occuper les enfants à l’avant de l’église dans un coin aménagé pour eux: table basse, papier et crayons à colorier. On pourrait aussi leur apprendre une chanson pour enfant et, un peu plus tard, une gestuelle. Après l’homélie, pendant qu’on passe le panier pour recueillir les offrandes, on trouverait une façon d’y joindre la participation des enfants. Oui, ça prendrait un peu plus de temps. Mais est-ce que ça n’en vaut pas la peine quand c’est notre avenir qui est en jeu?

Oui, il faut absolument trouver un moyen d’intégrer nos enfants dans nos célébrations: l’avenir de notre communauté en dépend. C’est plus qu’une tactique, c’est une attitude évangélique: y croyons-nous? Dans son évangile, Luc écrit: Des gens lui amenaient même les bébés pour qu’il les touche. Voyant cela, les disciples les rabrouaient. Mais Jésus fit venir à lui les bébés en disant: «Laissez les enfants venir à moi; ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est ceux qui sont comme eux. En vérité, je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas.» (Luc 18, 15-17, traduction TOB 2010)

Pour la même raison, une communauté doit porter un soin particulier à aider les parents dans l’initiation à la vie chrétienne de leurs enfants, par exemple par la P’tite Pasto. C’est un bon moyen aussi de rencontrer les parents qui arrivent difficilement aux fins de mois. Les vêtir, leur donner à manger, n’est-ce pas une attitude évangélique de base? Y croyons-nous? Et ceux qui ne viennent pas à la P’tite Pasto, allons les rencontrer au comptoir vestimentaire…

Avant la création de la paroisse Sainte-Famille, nous n’avions pas pris la vraie mesure de ce que ça représentait la diminution ou l’absence de prêtres. Nous sommes donc arrivés là où d’autres ont déjà beaucoup d’expérience. Nous devons apprendre à travailler en équipe de proximité. Le rôle de cette équipe est d’éveiller chaque communauté aux besoins des familles et à bien d’autres. L’évangile demande rien de moins que de rendre ce service aux jeunes parents, de favoriser leur appartenance à la communauté et d’encourager leur collaboration. À cette condition, et uniquement à cette condition, notre communauté sera un témoin crédible de Jésus. Même si déjà beaucoup de personnes se donnent au service des autres, une équipe de proximité renforcera le travail de chacune et de chacun: on a besoin de sentir qu’on œuvre toutes et tous dans la même direction et de voir l’avenir avec optimisme.

Combien de défis nous attendent et combien de personnes attendent que nous allions vers elles pour proposer notre manière de vivre! je vous fais une confession: j’estime les pasteurs qui nous donnent le goût de rêver et qui nous laissent tout l’espace pour construire notre communauté. Avez-vous envie de rêver avec moi?

Des mots qu’on entend parfois sans trop comprendre:
Fonts: du latin fons «source». N’est-il pas beau de voir dans les fonts baptismaux la source d’où coule la VIE ?
Chœur: du latin chorus «troupe de danseurs et chanteurs». Ne serait-il pas intéressant que l’espace autour de l’autel  et que toute la liturgie deviennent un lieu où on danse et on chante en l’honneur de Jésus et de son enseignement?

2 réflexions au sujet de « L’avenir de nos communautés »

  1. Bonjour Michel !

    Je viens de lire ton commentaire sur l’avenir de nos communautés. Je suis bien d’accord avec toi lorsque tu parles de l’importance du travail en équipe, du souci que l’on doit avoir pour les familles, pour le partage, pour le service et pour le merveilleux rêve à nourrir tous ensemble. Là est le Christ, c’est si simple. Faut juste savoir aimer, savoir le reconnaître dans ces simples gestes du quotidien et ensuite savoir le nommer.

    Pour le reconnaître, il faut être attentif et savoir s’arrêter. Cela m’amène à ce sur quoi je voudrais attirer ton attention , ie sur « l’animation » des célébrations. J’ai, à quelques occasions, participé à des messes de Noël dites messes pour les enfants et j’avais l’impression d’être à un spectacle. Que du vide, allais-je dire, mais j’exagère peut-être. Il me semble que l’on sous-estime les enfants et leur capacité de silence, de recueillement.

    Il y a sûrement de ces moments de recueillement dans vos célébrations avec les enfants. Une belle place faite aux activités mais dans une atmosphère « autre ».

    Paix et joie, un vrai bel équilibre !

  2. L’Églse a souvent dit de l’eucharistie qu’elle est un sommet. Il faut donc, au préalable, franchir la distance entre le pied de la montagne et son sommet.
    Car rendus là, nous sommes tous étonnés de la vue imprenable et globale. Faire eucharistie devrait pouvoir rassembler les familles qui, de manière significative, ont accompli des gestes de partage, d’entraide, de solidarité pour les offrir et célébrer ensemble la résurrection, la vie. Les enfants sont plus souvent au centre d’une fête familiale. Toutes les semaines? Ça reste à voir. Pour avoir célébré souvent dans des synagogues, je fus toujours positivement étonné d’observer la place librement consentie aux enfants: ils se promènent partout sous la vigilance des adultes, mais conscients que ce n’est pas un terrain de jeu. Ils apprennent progressivement toutes les fonctions de ce lieu communautaire. Nos rassemblements sont trop souvent coupés de la vie et le lieu de culte dont les bancs sont en rangs ne fait pas office d’un lieu de célébration. Comment les enfants peuvent-ils s’y trouver à l’aise. Visitons des classes du primaire…alors on comprendrera. Les intégrer lentement mais progressivement à l’eucharistie signifie ultimement leur faire occuper une place de choix, celle que Jésus lui-même leur donnait en faisant une leçon de vie aux adultes trop prompts à faire d’abord respecter les principes, les préceptes et les normes. Un enfant qui voit des adultes penser en vérité et vivre en vérité grandit en vérité. Yvon R. Théroux.

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