«Je me souviens»: ah oui ?

«Je me souviens»: ah oui ?

Après les élections du 7 avril, il semble qu’un Québec indépendant soit hors de portée. Pour moi c’est désolant, très désolant. Les Québécois étaient prêts en 1995 à près de 50% – et même plus si ce n’avait été de la tricherie (financement illégal du NON) et de la campagne de peur des fédéralistes; «on va vous couper vos rentes de retraite» a-t-on entendu!! L’immigration et une population de plus en plus ignorante de son histoire a compromis nos chances de devenir un peuple ayant son territoire et tous les pouvoirs d’un gouvernement propre.

Seul un événement extraordinaire pourrait bouleverser la tendance actuelle. Il faudrait que les jeunes se mettent tout à coup à rêver d’un pays et à aimer la langue et la culture françaises, tout en apprenant l’anglais et l’espagnol ou le chinois, puisque nous ne vivons pas en vase clos et souhaitons les meilleures relations avec nos voisins anglais et nos concitoyens de toutes cultures et origines. Il faudrait que nous, les aînés, ayons plus de fierté de notre passé, du labeur de nos ancêtres pour s’établir en Amérique du Nord, plus de mémoire des souffrances endurées par bâtir ce beau pays.

À supposer que, par élections ou référendum, une majorité choisissent toujours un lien politique fort avec le Canada anglais, qu’est-ce qui retient les francophones de militer pour le maintien et l’affirmation de la langue française? Qu’est-ce qui empêche les souverainistes de tout acabit de descendre dans la rue, avec des casseroles s’il le faut, et faire du bruit quand ils voient qu’on méprise les règles d’affichage en français et qu’on bafoue les lois, quand le gouvernement coupe les crédits aux programmes de francisation des immigrants, quand on tarde à obliger les petites et moyennes entreprises à prioriser le français comme langue de travail? À moins d’un retournement des libéraux, impensable à mon avis, les citoyens doivent prendre les affaires en main.

Si le Parti québécois se questionne sur son avenir, je vois là suffisamment de raisons pour que nos députés et ex-candidats agissent avec tous les militants. Et nous, ceux et celles qui avons voté le 7 avril pour le Parti québécois ou Québec solidaire et même la Coalition avenir Québec, si nous sommes vraiment des souverainistes, nous lutterons pour que survivent notre langue et notre culture, pour gagner notre vie en français, pour faire des affaires en français, pour être traités en égaux dans les rencontres fédérales-provinciales, pour que les francophones de tout le Canada trouvent en nous des alliés.

Alors nous pourrons nous prétendre dignes de nos ancêtres, alors la devise sur nos plaques d’immatriculation «Je me souviens» aura du sens.

Il ne fait pas manquer de lire l’article de Louis Cloutier dans le Devoir sur ce que devrait faire le Parti québécois, selon Gilbert Paquette ancien ministre sous René Lévesque.

Une réflexion au sujet de « «Je me souviens»: ah oui ? »

  1. Seul un peuple qui a atteint une maturité politique peut effectivement, une fois ses besoins fondamentaux assurés ( pain, logis, vêtements) par un travail durable et un salaire décent, et ayant les connaissances historiques de son passé et une bonne vision de l’avenir, revendiquer une pleine autonomie au sein d’une interdépendance avec d’autres pays, d’autres sociétés. Négliger les régions est fort risqué. Oublier d’écouter les besoins réels des gens sur le terrain est suicidaire. Une campagne électorale de chefs NE DONNE JAMAIS LA PLEINE MESURE d’un parti politique et de son programme. Menée par des stratèges qui n’ont rien à risquer personnellement, une campagne électorale peut dévier de sa route et se retrouver dans l’improvisation simpliste. IL N’Y A QUE LE « BON PEUPLE » qui donne le verdict de dernière instance. L’éducation continue, la transparence et surtout la VIGILANCE ne doivent jamais
    être perdues de vue. Quelles sont les causes réelles et profondes de la défaite du PQ: c’est à se demander si cet examen incontournable se fera effectivement. Car la tendance à trouver des coupables hors du cercle restreint des élus et des défaits ne pourra que cautionner l’inaptitude à se référer au « principe réalité ». FAIRE DE LA POLITIQUE AUTREMENT devient un impératif sage et incontournable. Yvon R. Théroux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pour notre sécurité *