Baptême et responsabilité

Il y a peu de temps, j’assistais à une rencontre de parents convoqués pour la préparation du baptême de leur enfant. C’est Jeanne, une amie presque de longue date, qui animait la session. Je dis de longue date non par les années, mais par une foi connivente en Celui qui donne la vie. Elle menait cette rencontre d’une main sûre d’elle-même, mais encore plus animée par un immense don de témoigner du Vivant et d’être signifiante pour ces jeunes parents qui ont choisi, sans trop le savoir ou le vouloir, de devenir disciples de Jésus.

Dans une prise de parole, il y a souvent un mot qui te touche. Par exemple, devenir membre de l’Église par le baptême, c’est devenir  responsable, ai-je entendu. Et ça m’a donné à songer… Responsable, en étant capable de répondre de ta foi à quiconque te le demande. Responsable, en te sentant lié aux – et pour les – autres, comme ces jeunes parents qui choisissent le même chemin que toi, peut-être l’espace d’une heure, et qui partagent la même conviction ou pressentent que l’Homme de Nazareth sera un guide sûr pour leur vie de famille, joyeuse certes, mais aussi parsemée d’obstacles.

Et cette expression devenir responsable me rappelle les mots encourageants du pape François, ses premiers, le jour de sa prise de service: Soyons les gardiens de la création, soyons les gardiens les uns des autres. On n’est pas croyant et croyante en Dieu, tout seul. On l’est dans une histoire familiale, dans une communauté, dans le face-à-face à autrui. Ce pape sait comment nous dire tout simplement de prendre soin les uns des autres et nous indiquer la piste pour découvrir dans le visage d’autrui ce Dieu qui prend soin des humains. C’est dans la relation à autrui que je peux m’ouvrir au mystère de Dieu.

Toute rencontre de préparation au baptême est une question autant pour celle ou celui qui anime la session que pour ceux qui sont venus y assister: Où demeures-tu? demande un futur disciple à Jésus. Viens et vois, lui répond-il. De qui dépend que cette rencontre soit la première ou la dernière? Une chose est sûre: quand tu as le privilège de parler au nom de l’Église et de Jésus, tu as toute une responsabilité! Et ceux qui t’écoutent doivent apprendre à quelle enseigne tu loges, quelle foi t’anime. Je ne crains pas de dire, Jeanne, qu’on sait où tu demeures et quel Esprit t’habite. Notre communauté peut se réjouir de te compter dans son équipe pastorale.

Jeanne fait partie de l’équipe pastorale d’une paroisse en devenir, Sainte-Famille, constituée des anciennes paroisses de Sacré-Cœur de Jésus, de St-Thomas et de St-Paul, dans le diocèse de Joliette. C’est une révolution qui arrive à l’Église d’ici, qu’on voit une femme ordinaire, mère de famille et grand-mère,  témoigner de Jésus Christ dans une rencontre de préparation au baptême. Les hommes ont presque toujours occupé le haut du pavé dans ces réunions, laissant aux femmes les tâches de cuisine. Il reste maintenant à nos communautés de reconnaître leur rôle vital, de les encourager à prendre la parole, de susciter chez les femmes autant que chez les hommes le désir de servir par le témoignage de leur vie de foi. Il y a longtemps qu’on a reconnu ça dans la société en général; il est impératif qu’il en soit de même pour l’évangélisation et la foi dans nos communautés. Il est intéressant aussi de voir chez notre nouveau pasteur le désir de favoriser le leadership pastoral peu importe que tu sois femme ou homme. Dans les évangiles, il est évident que Jésus a fait une grande place au témoignage des femmes. Être fidèle au Christ aujourd’hui, n’est-ce pas les appeler à vivre pleinement leur responsabilité de baptisées.

À une autre époque, les femmes servaient l’Évangile voilées; est-on prêt à les accepter sans voile comme des égales?

 

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