Entre le pire et le meilleur

Puisque le gouvernement s’apprête à présenter un projet de charte des valeurs québécoises, n’est-ce pas le bon moment pour s’exprimer sur ce qu’on pense être l’identité québécoise, ou la conception québécoise du bien vivre, qu’on tente de définir par ce projet ?

«Geste haineux à la mosquée de Saguenay», titrent les journaux ce matin. Ce geste reflète-t-il l’identité profonde et les valeurs québécoises? Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, ne ratera pas, j’espère, cette occasion en or de montrer quelle foi anime vraiment celui qui tient mordicus à commencer par une prière les sessions du conseil municipal. Le Jean Tremblay qui se cache en chacun de nous gardera-t-il silence ou dénoncera-t-il ce geste de vandalisme? Ou bien pour expliquer le geste, «farfinera-t-il» avec des phrases toutes faites du genre «À Rome fais comme les Romains» ou bien «Oeil pour oeil, dent pour dent»?

Autant je souhaite que les croyants, chrétiens ou autres, fassent preuve d’humilité et de discrétion dans le port de signes religieux quand ils travaillent pour l’État, autant je pense qu’on doit respecter le droit de tous de professer leurs croyances dans la paix et de se réunir pour les partager en communauté.

Vandaliser une mosquée est l’œuvre soit de personnes immatures et asociales, soit d’individus ou de groupes extrémistes. Quand des musulmans ou des hindous des pays africains ou asiatiques traitent ainsi leurs minorités chrétiennes, nous crions «aux persécuteurs». Comment doit-on appeler ceux qui, à Saguenay, viennent de vandaliser une mosquée?

C’est le bon moment pour chacune et chacun de montrer ses valeurs et avec quelle force il est déterminé à les mettre en pratique. C’est le bon moment de manifester publiquement ce que ça veut dire un Québec fondé sur un catholicisme généreux et courageux.