Dialogue autour de la foi (2)

Dialogue autour de la foi (2)

Le cœur de la foi chrétienne remonte à la profession de foi de l’apôtre Pierre – oui, oui, celui-là même qui a renié son Maître –  rapportée par Luc dans les Actes des apôtres:

«Gens d’Israël, écoutez ce que je vais vous dire : Jésus de Nazareth était un homme dont Dieu vous a démontré l’autorité en accomplissant par lui toutes sortes de miracles et de signes prodigieux au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. Cet homme vous a été livré conformément à la décision que Dieu avait prise et au plan qu’il avait formé d’avance. Vous l’avez tué en le faisant clouer sur une croix par des infidèles. Mais Dieu l’a ressuscité, il l’a délivré des douleurs de la mort, car il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir. (Ac 2,22-24)

Évidemment, notre époque comme toute les précédentes, a relu cette profession de foi et l’a interprété suivant les catégories de sa culture et dans les mots de sa langue. Dans «Dialogue autour de la foi (1), j’ai reformulé ma foi au Père. Oui, comme l’écrit l’apôtre Pierre:  «Soyez toujours prêts à justifier votre espérance devant ceux qui vous en demandent compte.» I Pi 3, 15. Voici dans ce 2e volet une relecture qui rejoint aujourd’hui ma foi en Jésus:

Je crois en Jésus-Christ, source despérance!
Car Jésus-Christ est Seigneur, Parole de Dieu avant tous les siècles.
Dieu dans notre histoire, il a partagé notre condition humaine,
il nous a aimés jusqu’à en mourir.
Depuis sa résurrection, nous savons
que l’Amour aura toujours le dernier mot.

N’allons pas, comme les géants de l’économie, créer un vrai monopole en n’admettant qu’une interprétation ou une seule lecture de l’évènement Jésus dans notre histoire. Certains, pour justifier leur espérance, s’appuient sur la lettre des écrits néo-testamentaires ou sur la force des interprétations traditionnelles. Pourtant, je pense que chaque croyant et croyante a la liberté et la responsabilité de reformuler sa foi dans des mots compréhensibles aux gens d’ici et d’aujourd’hui.

Quel est le sens de «Jésus-Christ est Seigneur» pour moi? Si je dis que Jésus est Seigneur, c’est parce qu’il a annoncé la venue du Royaume de Dieu et que ses premiers auditeurs et fidèles disciples ont reconnu en lui la visite de Dieu parmi nous. Ils ont appelé Jésus «Seigneur» parce qu’ils ont reconnu qu’en Lui est arrivé, a été annoncé, révélé, le jour du Seigneur, pour les uns jour du jugement, pour les autres jour de délivrance. Jour de jugement, quand nos actes sont confrontés à l’Amour,  nos pensées dévoilées en toute vérité. Jour de délivrance, quand les petits, les opprimés, les sans-voix, les derniers occuperont les premières places. Et aujourd’hui, en disant la prière du «Notre Père...», je professe la même foi dans les promesses de Dieu à nos prédécesseurs. Arrivé ce Royaume en Jésus, mais encore à venir par nos mains.

Depuis sa résurrection, nous savons… Pourquoi je sais? Ne dit-on pas que personne n’est revenu de l’Au-delà? C’est juste, mais un mort ressusciterait parmi nous et rien n’est moins sûr que ce témoignage ébranlerait notre incrédulité ! Plus croyable à mon avis est le témoignage des femmes et des hommes qui mettent en pratiquent les enseignements des béatitudes, le message de bonheur livré par Jésus. Difficile dans notre monde de croire que la pauvreté puisse conduire au bonheur! Passe encore que la douceur fasse plus que la haine et la vengeance. Pas évident non plus  que les victimes de la méchanceté des puissants et des rusés connaîtront un jour la justice. Pourtant, la croyante et le croyant vont jusqu’à se placer eux-mêmes  en situation de pauvreté, de faiblesse; ils préfèrent subir la violence des injustes et, ce faisant, expérimenter la voie de bonheur et la joie de croire que l’Amour aura toujours le dernier mot. La foi en la résurrection de Jésus, et la nôtre, n’est pas que reconnaissance de ce que Dieu a fait et continue de faire, mais elle appartient à l’ordre de la volonté, du parti-pris, du choix de vivre de telle ou telle façon. On sait à quelle fin a mené Jésus, son parti-pris pour les pauvres, les malades, les prisonniers. Je ne peux croire en sa résurrection et m’épargner de vivre selon ses enseignements le même passage par la souffrance et la mort.

Une réflexion au sujet de « Dialogue autour de la foi (2) »

  1. Pour la majeure partie de ma vie, j’ai récité le Crédo du petit catéchisme de mon enfance. Comme à peu près tout le monde je n’y comprenais à peu près rien. Devant ce «mystère» le petit catéchisme de mon enfance donnait au #28 la réponse suivante: «Un mystère est une vérité que nous ne pouvons pas comprendre, mais que nous devons croire, parce que c’est Dieu qui révélé.» Ça m’a rassuré pour un temps, jusqu’à ce que je me pose certaines questions comme celle de Joan Chittester « Que sont censés croire les serveuses et les chauffeurs de taxi, les jeunes enseignants (ce que j’étais à l’époque de mes premières questions sur la foi) et les vieux grands-parents de jeunes enfants, dans un monde où les professionnels de la foi n’arrivent pas à se mettre d’accord?» En fait qu’est-ce que croire pour le monde ordinaire?

    Je m’inspire de Joan Chittester (Ce qu je crois) pour y répondre. Il est grand temps de déterrer la foi ensevelie sous nos rituels et de ranimer le sens du «mystère» cachée sous des réponses qui ne nous convainquent plus. Mais croire en quoi? Et comment? Et pourquoi? Se questionner pour trouver des réponses n’est pas nier.Ce peut même être la forme de foi la plus authentique dont une personne soit capable. Aujourd’hui, nous sommes des hommes et des femmes avec de nouvelles questions à propos de vieux problèmes et de vieilles questions à propos de nouveaux problèmes. Les Églises et la nôtre en particulier, devrait s’inquiéter de spiritualité plutôt que de catéchisme.

    C’est pourquoi dire «je crois», c’est dire que je mets mon cœur à ce que je connais sans le connaître, à ce que je ressens sans le voir, à ce que je veux sans l’avoir avec tout ce que j’ai. Dire «je crois» c’est dire oui au mystère de la vie. La démarche de foi est une invitation à poursuivre notre réflexion personnelle. Et Joan Chittester, dans ce livre, exprime sa foi en ses propres mots auxquels j’adhère sans hésitation.

    Un livre à lire pour toutes les personnes qui sont à la recherche d’une foi personnelle et vivante.

    Robert Hotte, d.p.

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