De Jérusalem à Joliette

Mon récent séjour à Jérusalem et mon passage dans la qehilla (communauté) de Jérusalem, me portent à faire des comparaisons avec ce que nous vivons au Québec. Les catholiques de Jérusalem, et d’Israël en général, représentent une minorité, comme les premiers chrétiens au temps des apôtres en Palestine. Selon mes dernières informations, ils formeraient une communauté d’environ 500 personnes. Sa vitalité m’a impressionné lorsque j’ai participé à l’eucharistie en langue hébraïque: une soixantaine de fidèles joyeux remplissaient la chapelle. Fait remarquable, on y communiait sous les deux espèces. Les carnets de chants et les feuillets de participation me disaient que les responsables éditent et publient en hébreu le matériel des célébrations.  J’ai ressenti leur jeunesse de cœur en participant à un exercice de chant où une bonne vingtaine de personnes d’âges variés étaient présentes et à une conférence de ressourcement donnée par l’un de ses pasteurs. Une jeune femme y a été baptisée le dimanche des Rameaux.

Au Québec, bien que la culture chrétienne soit bien présente et qu’on tienne à conserver le crucifix au mur de l’Assemblée nationale dans l’édifice du Parlement, il n’est peut-être pas loin le temps où les catholiques, du moins celles et ceux qui s’identifient comme disciples du Christ, deviendront une minorité. Ils comptent selon mon estimation personnelle pour moins d’un catholique sur cinq. Pourtant, ici à Joliette, je vois une nouvelle génération de parents s’engager dans la catéchèse de leurs enfants, depuis que l’école ne le fait plus.  Pour moi, c’est signe qu’il se vit une Pentecôte nouvelle! Je souhaite que, chemin faisant, ils découvrent Jésus, le Ressuscité!

Pour beaucoup de catholiques québécois, le Repas du Seigneur a perdu de sa convivialité et la louange dominicale ne parle guère à leur sensibilité. Tout en s’étant éloignés de l’Église-institution visible, certains vivent leur attachement à Jésus dans un engagement auprès des étrangers, des handicapés, des malades, des vieillards et des démunis. D’autres, divorcés-remariés, homosexuels, ont été exclus à toutes fins pratiques de la communion. Nombreux sont ceux et celles qui peinent à reconnaître le visage du Père miséricordieux dans l’institution qu’on appelle l’Église. Ça m’est très pénible de savoir que tant de catholiques sont privés d’entendre son appel incessant à devenir saint et à témoigner de son amour pour tous les humains. Il reste les grands passages de la vie (naissance, mariage, décès) auxquels les catholiques attachent de l’importance et où prêtres et pasteurs proclament inlassablement l’amour du Père et apportent le soutien de leur espoir dans la Vie en abondance promise par Jésus.

Je me sens privilégié d’avoir visité la qehilla de Jérusalem et d’avoir été témoin que les catholiques, là aussi, essaient de suivre Jésus. Bien que je sois loin d’être fidèle à tous ses enseignements, je me suis laissé séduire par l’exemple de leur foi et l’enthousiasme de leur jeune communauté. Et je prévois que les catholiques du Québec, dans leur nouvelle situation de minoritaires, redécouvriront leur appel à la sainteté. Puissions-nous, malgré notre petit nombre, oser dire notre foi et, quand on nous demande d’en rendre compte, notre espérance!

«Tous appelés à la sainteté», c’est un des thèmes importants du Concile Vatican II que Jean-Paul II a repris dans une lettre pastorale du 6 janvier 2001:

Je n’hésite pas à dire que la perspective dans laquelle doit se placer tout le cheminement pastoral est celle de la sainteté […] Ce don de sainteté, pour ainsi dire objective, est offert à chaque baptisé. Mais le don se traduit à son tour en une tâche, qui doit gouverner toute l’existence chrétienne: «La volonté de Dieu, c’est que vous viviez dans la sainteté» (I Th 4,3). C’est un engagement qui ne concerne pas seulement certains chrétiens: «Tous les chrétiens du Christ, quel que soit leur état ou leur rang, sont appelés à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité» […] Comme le Concile lui-même l’a expliqué, il ne faut pas se méprendre sur cet idéal de perfection comme s’il supposait une sorte de vie extraordinaire que seuls quelques «génies» de la sainteté pourraient pratiquer. Les voies de la sainteté sont multiples et adaptées à la vocation de chacun. (citation reprise de: Jacques Gauthier, TOUS APPELÉS À LA SAINTETÉ, éd. Novalis, 2007, p.12.)

Quelle joie de pouvoir lire maintenant votre propre témoignage!!

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