Ce qui se passe dans notre maison

Ce qui se passe dans notre maison

Le premier chapitre de l’encyclique de François sur l’écologie, Laudatio si’, pose un regard sur ce qui se passe dans notre maison. Y passent tour à tour le réchauffement climatique, en partie dû à l’utilisation intensive des énergies fossiles, la question de l’eau potable et sa répartition inégale entre pauvres et riches, la perte de biodiversité engendrée par l’activité économique et des solutions techniques à courte vue, un modèle de développement caractérisé par la culture du déchet et la dégradation sociale, l’absence de conscience claire des riches qui exploitent à outrance et impunément la planète et ont une dette envers les pays et les communautés dépouillées de leurs ressources, finalement, malgré des initiatives positives en faveur de l’environnement, l’impuissance des politiques à dépasser les intérêts régionaux et particuliers et à trouver des solutions globales et efficaces. Cet examen de la maison se termine par une dénonciation du mythe du progrès technique sans limites, par la constatation que les humains détériorent la planète, et également sur une note de confiance:  «L’espérance nous invite à reconnaître qu’il y a toujours une voie de sortie, que nous pouvons toujours repréciser le cap, que nous pouvons toujours faire quelque chose pour résoudre les problèmes.» (no 61)

Je me demande si, dans le confort de notre maison dans les pays riches, nous voulons vraiment savoir ce qui se passe ailleurs? Les problèmes environnementaux font maintenant partie des meubles:  bulletins de nouvelles, recherches scientifiques, manifestations, pétitions, et même consultations publiques. Mais j’ai l’impression que nos gouvernements, aveuglés par le mythe du progrès technique et par le prochain rendez-vous électoral, tentent d’éviter autant que possible les audiences publiques pour ne pas éveiller la conscience du peuple, ce «bon peuple» qui peine au quotidien à gagner sa vie et une fois par année se paie des vacances ou une autre dépense pour oublier sa peine et surtout pour ne pas penser aux enjeux de la vie sur notre planète.

Il est quand même assez étonnant de lire ce matin dans le journal que «Les Micmacs lancent une poursuite contre le projet de Chaleur Terminals Inc.». Trois petites communautés de Gaspésie ont essayé d’être entendues des gouvernements sur les dangers du transport de pétrole sur leurs territoires et pour leur vie même. À défaut de pouvoir être consultées, elles ont finalement recours aux tribunaux. Comment se fait-il que les Québécois ne peuvent pas faire de même? Espérons que les groupes de pression écologistes feront front commun avec elles pour réveiller notre conscience et mettre un frein aux projets insensés entourant l’exploitation des sables bitumineux.  Puisque nos deux gouvernements sont incapables de prendre en compte la qualité de vie et la justice, intéressons-nous à la cause des Micmacs qui est notre cause à tous.

Quelles questions vous suggère ce regard sur la dégradation de notre planète par l’encyclique de François?

La semaine prochaine, le prochain billet portera sur L’évangile de la création

Une réflexion au sujet de « Ce qui se passe dans notre maison »

  1. Concernant le port du niqab, Michel, tu vois juste. Les errances par trop nombreuses des magistrats interpellent. La faille explicative, me semble-t-il: la formation du jugement durant tout le cursus des études supérieures. Elle est à toute fin pratique absente. Complètement absente. Si les erreurs médicales se multiplient ces dernières années dans les centres hospitaliers, ce n’est pas étranger non plus à l’absence de formation au jugement critique , au discernement. Les vogues et les tendances l’emportent sur tout.
    Une tristesse issue de l’impuissance à faire quoi que ce soit!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pour notre sécurité *