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Par notre ténacité à écouter le cri des humbles et des derniers, par notre présence aux côtés des pauvres pour redresser leur dignité, nous prophétiserons! Nous serons des signes de la justice, Seigneur. Bible 2000, T. 14, p.45

À l’ère de la COVID-19

Je ne pensais pas vivre un jour une pandémie. Je pourrai dire désormais : «Au temps de la pandémie…». Mon épouse et moi, retraité de l’enseignement depuis 2003, opérons une entreprise de gardiennage canin et de vente d’aliments pour animaux. Nous n’avons jamais pensé un jour devoir cesser le gardiennage dans pareilles circonstances. Eh bien, c’est fait ! Nos derniers clients sont revenus de leurs vacances et nous les avons accueillis en suivant au mieux les consignes de distance et une procédure sanitaire. Mais depuis, un vétérinaire nous a expliqué que le virus peut être transmis par le pelage des chiens. Dans ce cas, notre protection exigerait d’énormes précautions. Autre bonne raison pour fermer le service de garde : beaucoup de nos clients, en annulant leur voyage ou vacances, n’auront plus besoin de nos services. Inutile donc de maintenir certaines dépenses.
Restait la vente d’aliments pour chiens, chats, chevaux et autres animaux. Allions-nous abandonner nos clients? Fallait-il nous soumettre au strict confinement prescrit aux personnes dans la septantaine? Après évaluation des risques et de la nécessité pour nos clients de nourrir leurs animaux, nous avons reconnu notre responsabilité basée sur la fidélité à nos clients et surtout marquée par le professionnalisme et avons décidé de continuer la vente d’aliments.
Comment avons-nous fait? D’abord, nous étions motivés par nos clients qui reviendraient à coup sûr acheter la nourriture de leurs animaux favoris, des produits de qualité, peu publicisés et à prix modique. Il y avait un risque, notre âge : les autorités sanitaires par souci de freiner la contagion ont martelé le message de se tenir à distance du monde, de ne sortir que pour l’indispensable, de demander à nos jeunes de faire les courses.
Alors, mon épouse a sorti le produit qui servait à désinfecter les cages et enclos, anti-bactérien et anti-viral. Avec rigueur, entre chaque client, c’est la désinfection de la sonnette, des poignées de porte, du comptoir, du T.P.V., des poignées du chariot servant à transporter les sacs d’aliments et la distance d’un mètre autant que possible avec les clients. Et finalement le lavage des mains.
Cet évènement nous fait réfléchir à notre avenir, à nos relations et à notre style de vie. Qui sortira de la pandémie sans remettre en question certaines habitudes de consommation, repenser aux voyages, refaire son budget, s’ajuster à des nouvelles priorités ? Quelle solidarité aurons-nous redécouverte entre générations ? Et à quels dépassements serons-nous appelés ? Comment réagirons-nous à la souffrance et à la disparition de nos proches ? Quelles personnes, quelles communautés, quels peuples ne seront pas obligés de changer leur regard sur les «autres» ? Si, d’aventure, la prévoyance de nos leaders et notre système de santé nous épargnaient un lourd tribut, serons-nous fermés, après l’épreuve, à secourir ceux qui n’auront pas eu notre bonne fortune ?
Aujourd’hui, c’est la situation et mon questionnement, mais de quoi sera fait demain ? J’invite mes consœurs et confrères à commenter ou partager leurs expériences ou réflexions.
Michel Bourgault

Loi 21 sur la laïcité : des pour et des contre

Loi 21 sur la laïcité : des pour et des contre

J’appuie cette loi parce qu’elle respecte et favorise l’égalité de tous les citoyens en reconnaissant le principe du libre choix en matière de religion et l’expression libre de leurs croyances.

Et j’appuie l’interdiction du port de signes religieux aux personnes en position d’autorité, incluant les enseignants et enseignantes, parce qu’elle ne place aucun citoyen ou citoyenne en position de soumission à un employé de l’État affichant son adhésion à une confession religieuse ou son affiliation à une organisation religieuse.

Je reconnais que la société québécoise, en vertu de son histoire et de sa culture propre, a le droit de statuer sur ses façons de vivre harmonieusement les droits fondamentaux. Il me semble conséquent qu’elle a la liberté de choisir, par son gouvernement élu, la laïcité comme une caractéristique de ce vivre-ensemble.

La loi 21 recourt expressément à la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés, conformément à l’article 33, parce que les coutumes et la vie changent et que cette clause permet la mise en œuvre de lois qui reflètent les changements sociaux. L’évolution du rapport entre religion et société au Québec justifie le recours à la clause dérogatoire.

Alors que les opposants arguent que la loi 21 nie des libertés religieuses et d’expression de la foi, les promoteurs de la loi avancent que l’interdiction est raisonnable pour l’exercice des mêmes libertés. Tout comme les autres droits reconnus par les chartes sont exercés dans des limites raisonnables.

Pour illustrer mon propos, les paroisses catholiques avaient coutume de convoquer les fidèles aux assemblées du dimanche en sonnant les cloches tout comme les mosquées musulmanes font plusieurs fois par jour l’appel à la prière à l’aide de hauts parleurs. C’est acceptable dans une société où on pratique très majoritairement une religion. Que dirait-on si un groupe religieux en position minoritaire continuait cette pratique? Quel recours auraient les autres citoyens si ce groupe ne limitait pas raisonnablement sa pratique? Pourquoi une majorité de citoyens devrait être soumise au bruit d’une expression de foi particulière?

Je demande donc : au nom de quel droit est-il convenable de soumettre des élèves à la pratique religieuse d’un enseignant ?  On peut se demander aussi : quand une pratique est-elle l’expression normale et raisonnable d’une religion et quand devient-elle un outil de prosélytisme ou de subtile domination ?

Crédit photo: trip advisor

Économie sociale

J’avais 25 ans lorsque j’ai fait connaissance avec une entreprise d’économie sociale. J’étudiais en théologie à l’Université de Montréal et j’ai côtoyé des personnes engagées dans une coopérative alimentaire à Pointe Saint-Charles. C’est là que j’ai fait le lien (que je ne devais jamais perdre par la suite) entre ma foi chrétienne et l’exigence de solidarité et de justice. Je considère la coopération sociale et économique comme une voie privilégiée par laquelle les Québécois ont appris à faire des affaires en donnant priorité au bien-être des moins fortunés plutôt qu’au profit. Sur une échelle beaucoup plus grande, tout le monde connaît le succès qu’ont connu nos caisses populaires. Lorsque des pauvres se sont pris en main, on est souvent revenu à ce modèle de développement fondé sur la coopération.

L’AREQ (Association des retraitées et retraités de l’éducation et d’autres secteurs publics du Québec) dont je fais partie, a organisé cette année des rencontres de partage autour du film DEMAIN. Au mois de mars (le 21), nous visionnerons la troisième partie du film qui a justement comme thème l’économie sociale. Contactez-moi si vous désirez y participer; c’est gratuit.

C’est avec joie ce matin que au hasard de mes recherches sur le NET je tombe à ici.radio-canada.ca,  sur la section  ESPACES AUTOCHTONES, où on présente et explique l’économie sociale et un exemple d’entreprise fondée sur ce concept économique, actuellement à l’œuvre chez nos concitoyens des Premières nations. Au moment où on essaie de s’ouvrir à un modèle de développement plus humain que le capitalisme néolibéral, il est utile de voir ce qui se fait de concret et comment la volonté d’un petit groupe peut transformer la société. Pour moi c’est d’autant plus important qu’on peut y construire des ponts avec les communautés autochtones.

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C’est pourquoi je vous invite à regarder la courte vidéo qui rapporte une rencontre entre Nicole O’bomsawin et J.-Martin Aussant.