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Par notre ténacité à écouter le cri des humbles et des derniers, par notre présence aux côtés des pauvres pour redresser leur dignité, nous prophétiserons! Nous serons des signes de la justice, Seigneur. Bible 2000, T. 14, p.45

Loi 21 sur la laïcité : des pour et des contre

Loi 21 sur la laïcité : des pour et des contre

J’appuie cette loi parce qu’elle respecte et favorise l’égalité de tous les citoyens en reconnaissant le principe du libre choix en matière de religion et l’expression libre de leurs croyances.

Et j’appuie l’interdiction du port de signes religieux aux personnes en position d’autorité, incluant les enseignants et enseignantes, parce qu’elle ne place aucun citoyen ou citoyenne en position de soumission à un employé de l’État affichant son adhésion à une confession religieuse ou son affiliation à une organisation religieuse.

Je reconnais que la société québécoise, en vertu de son histoire et de sa culture propre, a le droit de statuer sur ses façons de vivre harmonieusement les droits fondamentaux. Il me semble conséquent qu’elle a la liberté de choisir, par son gouvernement élu, la laïcité comme une caractéristique de ce vivre-ensemble.

La loi 21 recourt expressément à la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés, conformément à l’article 33, parce que les coutumes et la vie changent et que cette clause permet la mise en œuvre de lois qui reflètent les changements sociaux. L’évolution du rapport entre religion et société au Québec justifie le recours à la clause dérogatoire.

Alors que les opposants arguent que la loi 21 nie des libertés religieuses et d’expression de la foi, les promoteurs de la loi avancent que l’interdiction est raisonnable pour l’exercice des mêmes libertés. Tout comme les autres droits reconnus par les chartes sont exercés dans des limites raisonnables.

Pour illustrer mon propos, les paroisses catholiques avaient coutume de convoquer les fidèles aux assemblées du dimanche en sonnant les cloches tout comme les mosquées musulmanes font plusieurs fois par jour l’appel à la prière à l’aide de hauts parleurs. C’est acceptable dans une société où on pratique très majoritairement une religion. Que dirait-on si un groupe religieux en position minoritaire continuait cette pratique? Quel recours auraient les autres citoyens si ce groupe ne limitait pas raisonnablement sa pratique? Pourquoi une majorité de citoyens devrait être soumise au bruit d’une expression de foi particulière?

Je demande donc : au nom de quel droit est-il convenable de soumettre des élèves à la pratique religieuse d’un enseignant ?  On peut se demander aussi : quand une pratique est-elle l’expression normale et raisonnable d’une religion et quand devient-elle un outil de prosélytisme ou de subtile domination ?

Crédit photo: trip advisor

Économie sociale

J’avais 25 ans lorsque j’ai fait connaissance avec une entreprise d’économie sociale. J’étudiais en théologie à l’Université de Montréal et j’ai côtoyé des personnes engagées dans une coopérative alimentaire à Pointe Saint-Charles. C’est là que j’ai fait le lien (que je ne devais jamais perdre par la suite) entre ma foi chrétienne et l’exigence de solidarité et de justice. Je considère la coopération sociale et économique comme une voie privilégiée par laquelle les Québécois ont appris à faire des affaires en donnant priorité au bien-être des moins fortunés plutôt qu’au profit. Sur une échelle beaucoup plus grande, tout le monde connaît le succès qu’ont connu nos caisses populaires. Lorsque des pauvres se sont pris en main, on est souvent revenu à ce modèle de développement fondé sur la coopération.

L’AREQ (Association des retraitées et retraités de l’éducation et d’autres secteurs publics du Québec) dont je fais partie, a organisé cette année des rencontres de partage autour du film DEMAIN. Au mois de mars (le 21), nous visionnerons la troisième partie du film qui a justement comme thème l’économie sociale. Contactez-moi si vous désirez y participer; c’est gratuit.

C’est avec joie ce matin que au hasard de mes recherches sur le NET je tombe à ici.radio-canada.ca,  sur la section  ESPACES AUTOCHTONES, où on présente et explique l’économie sociale et un exemple d’entreprise fondée sur ce concept économique, actuellement à l’œuvre chez nos concitoyens des Premières nations. Au moment où on essaie de s’ouvrir à un modèle de développement plus humain que le capitalisme néolibéral, il est utile de voir ce qui se fait de concret et comment la volonté d’un petit groupe peut transformer la société. Pour moi c’est d’autant plus important qu’on peut y construire des ponts avec les communautés autochtones.

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C’est pourquoi je vous invite à regarder la courte vidéo qui rapporte une rencontre entre Nicole O’bomsawin et J.-Martin Aussant.

Comment ne pas être interpellé?

Comment ne pas être interpellé?

L’assassinat de six personnes et l’attentat sur des dizaines d’autres durant la prière du soir dans une mosquée de Québec me pousse à réfléchir sur le monde dans lequel nous vivons. Maintenant on ne peut plus parler des attentats à la vie pour raisons religieuses et/ou politiques comme un phénomène étranger au Québec. Les conflits qui ont embrasé notre planète rejoignent nos villes, notre société, pour certains notre voisinage.

Nous sommes tous en recherche d’explications. Ne cédons pas à nos instincts de peur. Nous avons bâti un consensus social basé sur la raison qu’on nomme souvent société de droits, dont les valeurs premières sont la liberté, la justice et la paix. Un attentat de cette espèce est une attaque contre les citoyennes et les citoyens croyants en ces valeurs. À cause de cela, c’est toute notre société qui est assassinée, blessée, agressée. Trouver des boucs émissaires, c’est rassurant dans l’immédiat. Aujourd’hui des musulmans sont attaqués par des fanatiques, mais je pense qu’à moyen terme d’autres groupes pourraient être pris pour cible, comme c’est arrivé dans le passé (les femmes de l’École Polytechnique, les étudiants du collège Dawson).

Utilisons la raison qui nous a guidé dans l’édification de notre société; posons-nous honnêtement la question sur les causes de cette déraison. Par exemple, est-il raisonnable de laisser circuler, au nom de la liberté, tant d’armes de tout acabit? N’est-il pas évident que les vendeurs d’armes d’assaut ont un seul objectif qui n’est pas la défense de la liberté, mais le profit des fabriquants et vendeurs? Jusqu’à quand tolèrerons-nous cette situation? Jusqu’à quand les autorités laisseront-elles faire? Si je tourne les yeux de l’autre côté ou si je me tais, est-ce que je ne deviens pas complice de ces assassinats?

Vous pouvez vous-mêmes donner d’autres exemples de folie déguisée par de fausses valeurs.