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La foi qui n’aurait pas d’oeuvres est tout à fait morte. Jc 2,17

Visite ad limina des évêques

Visite ad limina des évêques

Je devrais ajouter au titre «catholiques québécois». La visite «ad limina» exige que les évêques aillent rendre compte au pape de la situation de leur Église aux cinq ans. C’est le temps de faire nos messages au chef de l’Église, François.

Des catholiques  regroupés dans un mouvement, appelé le Parvis de Québec, nous proposent d’appuyer une lettre demandant aux évêques qui nous évangélisent, nous enseignent et nous guident, d’autoriser l’Église du Québec de vivre des premières expériences d’accès de femmes au sacerdoce. 

J’ai travaillé pendant 30 ans avec plusieurs femmes en pastorale et je soutiens que si les femmes faisaient la grève actuellement, la mission d’annonce de l’Évangile serait gravement compromise dans l’Église du Québec. C’est pourquoi je vous demande, en tant que croyante et croyant en Jésus Christ, de lire la lettre et d’envoyer par courriel votre appui, si c’est votre cas bien sûr, en n’oubliant pas de donner votre adresse. N’ayez crainte, vous ne serez pas inquiété par la suite!

Je pense qu’un chrétien ou une chrétienne ne peut garder le silence devant une tradition qui n’a plus sa raison d’être ici et maintenant au Québec. Si vous avez encore un tout petit brin de foi en Jésus, faites-le maintenant: ça ne prendra  que 10 minutes de votre temps.

Pour lire la lettre d’appui sur le site du Parvis de Québec.
Envoyer un message pour signifier votre appui.
Pour tout savoir sur le combat des femmes vers la pleine reconnaissance dans l’Église, visitez Femmes et ministères.

Aide médicale à mourir

Aide médicale à mourir

L’article du Devoir du 29 septembre 2016 relance la réflexion sur l’Aide médicale à mourir et la position de l’Église catholique. J’invite aussi à écouter l’entrevue Arcand/Poisson, où Mgr Raymond Poisson répond à la question de M. Paul Arcand.

Paul Arcand aimerait avoir une réponse nette et rapide: quelle directive Mgr Poisson donnera-t-il à ses prêtres concernant les demandes de funérailles pour les personnes ayant eu recours à l’AMM?

Ce que je comprends des propos de Raymond Poisson et qui seraient en gros les miens.

La mission d’un pasteur est d’accompagner les personnes, autant la famille qui demande les funérailles que la personne qui a demandé l’AMM. Quand une personne demande l’AMM, c’est qu’elle y a réfléchi et elle devra passer par tout un processus avant qu’un médecin y accède positivement. Un pasteur pourra répondre à une demande de funérailles chrétiennes en accompagnant la famille dans son cheminement de foi. Connaissant ce cheminement, il sera en mesure de lui offrir des funérailles qui lui conviennent. Mais avant cela, le pasteur veut prendre le temps de connaître le malade, de l’accompagner lui et sa famille dans ses souffrances et de leur apporter le réconfort de la foi en Jésus-Christ. Ce n’est pas comme d’entrer dans un resto et de commander un repas au menu.

L’Église ne juge pas, elle commence par écouter et dialoguer. Certaines déclarations ou directives mises de l’avant par quelques évêques de l’Ouest canadien, et peut-être simplifiées, donnent l’impression qu’on refusera des funérailles chrétiennes pour quelqu’un ayant eu recours à l’AMM. Oui, certains pasteurs ont la fâcheuse tendance à se  braquer devant des situations nouvelles. Pourtant ils sont supposés avoir reçu une formation qui les prépare à traiter les gens avec humanité. Certains semblent faire passer la loi ou la doctrine avant les besoins des gens. C’est malheureux : ces pasteurs ne représentent pas l’enseignement et l’agir qu’on connaît de Jésus de Nazareth. Je crois davantage à une approche comme celle de Mgr Poisson et je pense qu’une majorité d’évêques feront comme lui.

Là où je diffère d’opinion avec Mgr Poisson, c’est sur le sens de l’AMM. C’est un acte médical parce que seul un médecin est autorisé à le poser en loi. Que des médecins ne soient pas capables ou préparés à le poser, je le comprends. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi une personne malade qui trouve trop difficile sa souffrance, qu’on ne parvient pas à soulager et à qui on refuse l’AMM, devrait se résoudre à mourir de faim. Un médecin qui infligerait ce traitement à son patient manquerait gravement à son serment de soigneur et guérisseur. Et je ne doute pas une minute qu’un médecin engagé dans un processus de procurer l’AMM à son patient puisse respecter son serment de soigneur et guérisseur.

Comme j’estime qu’un pasteur puisse accompagner un croyant qui le désire dans ce processus et respecter son rôle de soigneur et de guérisseur de l’âme et de l’esprit.

Ouvrez la porte au dialogue

Ouvrez la porte au dialogue

Le pape François mérite sans contredit mon admiration. C’est un pasteur qui lit et interprète l’évangile, pas comme d’autres qui se réfèrent d’abord au catéchisme. Les apôtres et les premiers chrétiens ont suivi Jésus et ont mis en pratique ses enseignements. Le pape François m’apparaît favorable à la conversion de l’Église, mais je me questionne sur sa posture réelle concernant la reconnaissance des femmes comme capables d’exercer la profession de prêtre et de pasteur dans l’Église catholique. Il faut lire un journaliste du Devoir bien connu, Jean-Claude Leclerc, qui rapporte la rencontre du pape avec des religieuses concernant le diaconat pour les femmes, étape précédant la prêtrise.

Un autre signe qu’il se brasse quelque chose sur l’accession des femmes à la prêtrise est le billet de Pauline Jacob, sur le site Femmes et ministères. Cette femme est une pionnière de la réflexion et des luttes, ici au Québec, des femmes pour accéder à l’ordination sacerdotale. Il faut avoir la foi et beaucoup de ténacité pour soutenir cette cause. Et il vaut la peine de faire un détour pour voir qu’elle n’est pas seule dans ce combat.

Toujours est-il qu’à Rome, du 1er au 3 juin 2016, se tenait une réunion d’environ 6000 prêtres pour souligner l’Année de la Miséricorde. Parallèlement, la Conférence pour l’ordination des femmes tenait un kiosque pour faire connaître son combat. Si vous lisez l’anglais, lisez le témoignage de ces femmes.

Personnellement, à l’âge où je suis rendu, je serais surpris de voir l’Église dans son ensemble se convertir sur cette question. Des évêques canadiens sont engagés pour faire reconnaître la place des femmes, mais ils font encore partie d’une minorité. Une majorité conservatrice mène encore et paralyse les gestes que les progressistes voudraient poser. Un trop grand nombre d’évêques se laissent prendre dans des luttes de pouvoir et n’écoutent pas le Saint-Esprit. Et le peuple chrétien doit subir cela.

Que reste-t-il à faire? Appuyer ces femmes dans leur combat, lire et propager leurs réflexions et leurs appels, saluer les efforts de dialogue, prier que le Saint-Esprit éclaire ces hommes qui ont peur de faire une place aux femmes comme Jésus l’a fait, que même un monde dirigé par des hommes n’a pas réussi complètement à effacer des premiers écrits chrétiens. Quand il a été élu pape, François a demandé qu’on prie pour lui; je l’ai fait. Maintenant je prie pour que l’Esprit Saint éclaire ces hommes qui ont peur. J’aimerais bien savoir où se tient l’évêque de Joliette, Mgr Raymond Poisson, sur cette question… Au cas…, je lui réserve aussi une prière.