Bonne Année 2013!

Bonne Année 2013!

Souhaiter Bonne Année, c’est au fond croire et espérer que la vie aura le dessus sur les forces de mort.

Des forces mortifères non seulement nous agressent du dehors, mais elles ont surgi un jour ou l’autre en nous. On s’émeut volontiers du viol collectif  d’une jeune indienne et de l’agression sauvage dont elle et son compagnon ont été victimes sous le regard complice d’un conducteur d’autobus. Des protestations réveillent la population résignée devant ces agressions et interpellent la police et le gouvernement. Des groupes de pression appuient ces actions. Ces évènements se passent ailleurs dans le monde et nous paraissent bien lointains.

Les mêmes forces mortifères ont agi et agissent pourtant chez nous, chez moi, au sein de nos propres familles. Seulement, elles prennent un visage différent. Quand on aiguise son regard, on devient plus habile à les débusquer. Surtout celles qui se sont insinuées dans notre vie de riches nord-américains. Celle qui me frappe le plus aujourd’hui, c’est le piège de la consommation qui déguise toutes nos envies en besoins essentiels. Je le vois à l’oeuvre chez moi. Il se présente d’abord sous l’habit du gadget utile, comme le téléphone mobile. Le téléphone nous met en contact avec des personnes, fait gagner du temps, procure une certaine sécurité. Puis, le progrès incessant de la technologie en fait un carnet d’adresses, un agenda, une caméra, un lecteur de musique, une console de jeu, tous commodes ou amusants. Mais c’est à l’usage qu’on voit si ces avancées favorisent les contacts humains et rendent la vie plus humaine, ou bien si, en réalité, elles éloignent les personnes les unes des autres et les rendent plus esclaves.

Au moins, grâce à la technologie, nous ne pouvons plus fermer les yeux sur ces jeunes femmes violées et violentées en Inde et d’autres pays. Nous prenons conscience qu’elles pourraient être nos épouses, nos sœurs et nos filles. Devant ces évènements, j’ai désormais le choix: me résigner et me laisser abattre par les forces mortifères ou m’indigner et dénoncer les responsables. Et celui qui assiste à un viol et ne dit rien ou ne fait rien est aussi responsable. Par les technologies nouvelles, j’assiste presque en direct à ces évènements. Puis-je rester passif? Qu’est-ce que je peux faire? Au moins, m’intéresser aux groupes de protestataires, m’associer à leur cri en faveur de plus de justice.

Ici même, la culture de l’impunité a permis que des enseignants religieux abusent des jeunes. Après 30 et 50 ans, les faits sont révélés et pris au sérieux par le système judiciaire. Ça ne se passait pas aux Indes, mais dans nos collèges. Nous sommes confrontés à nos propres violences et nous prenons conscience que le mal a blessé profondément de nos enfants, et fait souffrir encore de nos frères et de nos sœurs. Là encore, puis-je rester passif? Que convient-il de faire? Toujours les mêmes questions. Les réponses ne peuvent venir que de chacune et chacun de nous.

Pouvons-nous encore souhaiter Bonne année 2013?

Je le pense, si chacun croit et espère que la vie aura le dessus sur les forces de mort et AGIT, si peu que ce soit, pour que cela arrive. Ça me fait penser à la prière enseignée par Jésus:  Notre Père, qui es aux cieux… Que les croyants manifestent ton Nom qui est Justice, Compassion, Fidélité, Vérité. Qu’ils témoignent en s’indignant pour les humains ignorés, mis de côté, humiliés, et en les aidant à se relever. Qu’ils témoignent du seul bien nécessaire, l’amour de son prochain.

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