Tous les articles par Michel Bourgault

À l’ère de la COVID-19

Je ne pensais pas vivre un jour une pandémie. Je pourrai dire désormais : «Au temps de la pandémie…». Mon épouse et moi, retraité de l’enseignement depuis 2003, opérons une entreprise de gardiennage canin et de vente d’aliments pour animaux. Nous n’avons jamais pensé un jour devoir cesser le gardiennage dans pareilles circonstances. Eh bien, c’est fait ! Nos derniers clients sont revenus de leurs vacances et nous les avons accueillis en suivant au mieux les consignes de distance et une procédure sanitaire. Mais depuis, un vétérinaire nous a expliqué que le virus peut être transmis par le pelage des chiens. Dans ce cas, notre protection exigerait d’énormes précautions. Autre bonne raison pour fermer le service de garde : beaucoup de nos clients, en annulant leur voyage ou vacances, n’auront plus besoin de nos services. Inutile donc de maintenir certaines dépenses.
Restait la vente d’aliments pour chiens, chats, chevaux et autres animaux. Allions-nous abandonner nos clients? Fallait-il nous soumettre au strict confinement prescrit aux personnes dans la septantaine? Après évaluation des risques et de la nécessité pour nos clients de nourrir leurs animaux, nous avons reconnu notre responsabilité basée sur la fidélité à nos clients et surtout marquée par le professionnalisme et avons décidé de continuer la vente d’aliments.
Comment avons-nous fait? D’abord, nous étions motivés par nos clients qui reviendraient à coup sûr acheter la nourriture de leurs animaux favoris, des produits de qualité, peu publicisés et à prix modique. Il y avait un risque, notre âge : les autorités sanitaires par souci de freiner la contagion ont martelé le message de se tenir à distance du monde, de ne sortir que pour l’indispensable, de demander à nos jeunes de faire les courses.
Alors, mon épouse a sorti le produit qui servait à désinfecter les cages et enclos, anti-bactérien et anti-viral. Avec rigueur, entre chaque client, c’est la désinfection de la sonnette, des poignées de porte, du comptoir, du T.P.V., des poignées du chariot servant à transporter les sacs d’aliments et la distance d’un mètre autant que possible avec les clients. Et finalement le lavage des mains.
Cet évènement nous fait réfléchir à notre avenir, à nos relations et à notre style de vie. Qui sortira de la pandémie sans remettre en question certaines habitudes de consommation, repenser aux voyages, refaire son budget, s’ajuster à des nouvelles priorités ? Quelle solidarité aurons-nous redécouverte entre générations ? Et à quels dépassements serons-nous appelés ? Comment réagirons-nous à la souffrance et à la disparition de nos proches ? Quelles personnes, quelles communautés, quels peuples ne seront pas obligés de changer leur regard sur les «autres» ? Si, d’aventure, la prévoyance de nos leaders et notre système de santé nous épargnaient un lourd tribut, serons-nous fermés, après l’épreuve, à secourir ceux qui n’auront pas eu notre bonne fortune ?
Aujourd’hui, c’est la situation et mon questionnement, mais de quoi sera fait demain ? J’invite mes consœurs et confrères à commenter ou partager leurs expériences ou réflexions.
Michel Bourgault

Pour l’évangélisation des peuples

Je suis engagé en pastorale paroissiale depuis plus de trente ans et, cette année, j’ai été tenté de démissionner devant l’absence de leadership pastoral dans ma paroisse, devant le désintérêt des laïcs à participer à l’évangélisation et, enfin, devant l’absence de programme pastoral de nos curés. Je me suis alors tourné vers l’aide aux pauvres en collaborant avec le Comptoir vestimentaire.

Les mots du Pape François transmis par Yvon R. Théroux viennent éclairer ma route. Est-ce qu’ils ne conviennent pas à merveille en ce temps de fête de la Nativité de Jésus, comme nous le rappelle le prophète:  «Pour vous qui craignez mon Nom, le Soleil de Justice brillera, avec la guérison dans ses rayons. » (Malachie 3, 20) Et l’évangéliste, Luc à propos de l’annonce de la venue de Jésus, réinterprète ces paroles:  «Notre Dieu est plein de tendresse et de bonté : il fera briller sur nous une lumière d’en haut, semblable à celle du soleil levant, pour éclairer ceux qui se trouvent dans la nuit et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix.» (Luc 1, 78-79)  La consigne est claire pour moi: se tourner vers ceux qui se trouvent dans la nuit et faire route avec eux, sachant que, là, nous rencontrerons Jésus, source de notre guérison.

Leversoleil

Je remercie Yvon R. Théroux qui nous recommande la lecture de ce compte-rendu des récents propos de François.

Pour évangéliser, l’Église doit elle-même s’évangéliser, rappelle le pape François au dicastère pour l’Évangélisation des peuples.

Le pape a reçu en audience au Vatican, ce jeudi, 3 décembre 2015, les membres de l’assemblée plénière de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, réunie sur le thème de la mission « ad gentes ». C’était la fête du patron des missions, saint François Xavier S.J.

Pour s’évangéliser elle-même, l’Église doit continuer d’écouter la « Parole » de Jésus, recommande le pape : « Il n’y a que comme cela qu’elle est capable de garder sa fraîcheur et son élan apostolique. »

Et elle doit s’abandonner à l’Esprit Saint : « La mission ne répond pas en premier lieu à des initiatives humaines ; c’est l’Esprit Saint qui est le protagoniste, c’est son projet. »

Et cette mission transforme l’Église : c’est « le moteur et l’horizon de la foi », « c’est une force capable de transformer l’Église de l’intérieur », car « l’Église sert la mission ».

Le pape lance ce défi aux paroisses : « Que chaque paroisse fasse sien le style de la missio ad gentes. De cette manière, l’Esprit Saint transformera les fidèles habituels en disciples, les disciples désabusés en missionnaires, les poussant hors de leurs peurs et de leur enfermement et les projetant dans toutes les directions jusqu’aux confins du monde. »

Il invite à la générosité justement quand il y a peu de vocations : « L’Église vit et grandit en sortant, en prenant l’initiative et en se faisant proche. C’est pourquoi, vous encouragez les communautés à être généreuses même dans les moments de crises vocationnelles. »

Il s’agit, explique encore le pape, de « s’engager afin que l’esprit de la missio ad gentes anime le chemin de l’Église, et qu’elle sache toujours écouter le cri des pauvres et des marginaux, rencontrer tout le monde, et annoncer la joie de l’Évangile ».

Il a donné en exemple les communautés africaines qu’il vient de rencontrer, pour « le dynamisme spirituel et pastoral de nombreuses jeunes Églises ».

Là-bas, l’Église se met au service des plus pauvres : « Là où il y en a besoin, l’Église est presque toujours présente et prête à soigner les blessures des plus nécessiteux. »

( 3 décembre 2015) © Innovative Media Inc.