À l’ère de la COVID-19

Je ne pensais pas vivre un jour une pandémie. Je pourrai dire désormais : «Au temps de la pandémie…». Mon épouse et moi, retraité de l’enseignement depuis 2003, opérons une entreprise de gardiennage canin et de vente d’aliments pour animaux. Nous n’avons jamais pensé un jour devoir cesser le gardiennage dans pareilles circonstances. Eh bien, c’est fait ! Nos derniers clients sont revenus de leurs vacances et nous les avons accueillis en suivant au mieux les consignes de distance et une procédure sanitaire. Mais depuis, un vétérinaire nous a expliqué que le virus peut être transmis par le pelage des chiens. Dans ce cas, notre protection exigerait d’énormes précautions. Autre bonne raison pour fermer le service de garde : beaucoup de nos clients, en annulant leur voyage ou vacances, n’auront plus besoin de nos services. Inutile donc de maintenir certaines dépenses.
Restait la vente d’aliments pour chiens, chats, chevaux et autres animaux. Allions-nous abandonner nos clients? Fallait-il nous soumettre au strict confinement prescrit aux personnes dans la septantaine? Après évaluation des risques et de la nécessité pour nos clients de nourrir leurs animaux, nous avons reconnu notre responsabilité basée sur la fidélité à nos clients et surtout marquée par le professionnalisme et avons décidé de continuer la vente d’aliments.
Comment avons-nous fait? D’abord, nous étions motivés par nos clients qui reviendraient à coup sûr acheter la nourriture de leurs animaux favoris, des produits de qualité, peu publicisés et à prix modique. Il y avait un risque, notre âge : les autorités sanitaires par souci de freiner la contagion ont martelé le message de se tenir à distance du monde, de ne sortir que pour l’indispensable, de demander à nos jeunes de faire les courses.
Alors, mon épouse a sorti le produit qui servait à désinfecter les cages et enclos, anti-bactérien et anti-viral. Avec rigueur, entre chaque client, c’est la désinfection de la sonnette, des poignées de porte, du comptoir, du T.P.V., des poignées du chariot servant à transporter les sacs d’aliments et la distance d’un mètre autant que possible avec les clients. Et finalement le lavage des mains.
Cet évènement nous fait réfléchir à notre avenir, à nos relations et à notre style de vie. Qui sortira de la pandémie sans remettre en question certaines habitudes de consommation, repenser aux voyages, refaire son budget, s’ajuster à des nouvelles priorités ? Quelle solidarité aurons-nous redécouverte entre générations ? Et à quels dépassements serons-nous appelés ? Comment réagirons-nous à la souffrance et à la disparition de nos proches ? Quelles personnes, quelles communautés, quels peuples ne seront pas obligés de changer leur regard sur les «autres» ? Si, d’aventure, la prévoyance de nos leaders et notre système de santé nous épargnaient un lourd tribut, serons-nous fermés, après l’épreuve, à secourir ceux qui n’auront pas eu notre bonne fortune ?
Aujourd’hui, c’est la situation et mon questionnement, mais de quoi sera fait demain ? J’invite mes consœurs et confrères à commenter ou partager leurs expériences ou réflexions.
Michel Bourgault

Loi 21 sur la laïcité : des pour et des contre

Loi 21 sur la laïcité : des pour et des contre

J’appuie cette loi parce qu’elle respecte et favorise l’égalité de tous les citoyens en reconnaissant le principe du libre choix en matière de religion et l’expression libre de leurs croyances.

Et j’appuie l’interdiction du port de signes religieux aux personnes en position d’autorité, incluant les enseignants et enseignantes, parce qu’elle ne place aucun citoyen ou citoyenne en position de soumission à un employé de l’État affichant son adhésion à une confession religieuse ou son affiliation à une organisation religieuse.

Je reconnais que la société québécoise, en vertu de son histoire et de sa culture propre, a le droit de statuer sur ses façons de vivre harmonieusement les droits fondamentaux. Il me semble conséquent qu’elle a la liberté de choisir, par son gouvernement élu, la laïcité comme une caractéristique de ce vivre-ensemble.

La loi 21 recourt expressément à la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés, conformément à l’article 33, parce que les coutumes et la vie changent et que cette clause permet la mise en œuvre de lois qui reflètent les changements sociaux. L’évolution du rapport entre religion et société au Québec justifie le recours à la clause dérogatoire.

Alors que les opposants arguent que la loi 21 nie des libertés religieuses et d’expression de la foi, les promoteurs de la loi avancent que l’interdiction est raisonnable pour l’exercice des mêmes libertés. Tout comme les autres droits reconnus par les chartes sont exercés dans des limites raisonnables.

Pour illustrer mon propos, les paroisses catholiques avaient coutume de convoquer les fidèles aux assemblées du dimanche en sonnant les cloches tout comme les mosquées musulmanes font plusieurs fois par jour l’appel à la prière à l’aide de hauts parleurs. C’est acceptable dans une société où on pratique très majoritairement une religion. Que dirait-on si un groupe religieux en position minoritaire continuait cette pratique? Quel recours auraient les autres citoyens si ce groupe ne limitait pas raisonnablement sa pratique? Pourquoi une majorité de citoyens devrait être soumise au bruit d’une expression de foi particulière?

Je demande donc : au nom de quel droit est-il convenable de soumettre des élèves à la pratique religieuse d’un enseignant ?  On peut se demander aussi : quand une pratique est-elle l’expression normale et raisonnable d’une religion et quand devient-elle un outil de prosélytisme ou de subtile domination ?

Crédit photo: trip advisor

Jeunes et croyants

Mon ami Yvon Théroux m’envoit cette annonce d’un livre paru récemment qui, je pense, peut-être bien reçu d’une personne à la recherche d’une spiritualité renouvelée.

Par : Lévesque, Norman, Jean, Valérie, Fesenmayr, Jürgen, Gendron, Sébastien, Soeur Lucie-Caroline, Roy, Alain, Théroux, Yvon
Éditeur : Médiaspaul Canada  /  ISBN : 9782897601850  /Pages : 176

Disponibilité : à info@méditationchretienne.ca ou/et 450-446-4649

ou sur le site mediaspaul.ca
Section : Œuvres numériques; Catégorie : SPIRITUALITÉ; Sous-Catégorie : Témoignages / récits
Parution : 2018-06-15 / PRIX : 16$

Description

Un panorama vivant et actuel de la foi chez des jeunes de tous horizons et de leurs attentes.

Un avant-propos intéressant en vue du Synode d’octobre prochain sur les jeunes et la foi.

Cinq trentenaires prennent la parole pour évoquer leur foi chrétienne, centrale dans leur vie. Une foi souvent issue d’une conversion plutôt qu’héritée de leurs parents ; une foi qui se traduit dans des vocations variées ; une foi soucieuse d’œcuménisme et des enjeux sociaux contemporains. Une foi assumée et ardente. L’abbé Alain Roy relit avec nous leurs témoignages et en dégage les traits annonciateurs d’un nouveau visage du christianisme.

Jürgen Fesenmayr est enseignant en français et en éthique et culture religieuse au secondaire. Sébastien Gendron est détenteur d’une maîtrise en théologie et coordonnateur de la pastorale pour le diocèse de Gaspé. Valérie Jean est depuis peu engagée dans le mariage. Norman Lévesque est directeur du Réseau des Églises vertes. Sœur Lucie-Caroline est membre des Fraternités monastiques de Jérusalem.
Alain Roy est prêtre depuis 1980. Il a dirigé le Service de pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse de Montréal. Il est actuellement curé de la paroisse Saint-Joachim de Pointe-Claire. Auteur apprécié, il tient un blogue et a publié le livre Une Église sans domicile fixe (Médiaspaul, 2010).