Les Inuits et la chasse au phoque

Le 31 mars, au canal ICI-Explora, j’ai enregistré un documentaire intitulé Inuk en colère. Lire la description ici.  J’ai attendu d’être mentalement prêt pour le regarder. Et quand je l’ai fait, ça m’a bouleversé. En résumé, la réalisatrice Alethea Arnaquq-Baril, diplômée en droit, raconte quelles conséquences sur la vie des Inuits ont provoqué les campagnes de boycottage des produits fabriqués en peau de phoque. Tout ce battage a commencé par les protestations de groupes de protection des animaux, moussées par des personnalités, dont Brigitte Bardot et Paul McCartney, autour de l’abattage des blanchons dans l’Atlantique.

Crédit photo: ONF

Alethea raconte les vains efforts des Inuits pour communiquer avec des groupes comme Green Peace, l’IFAW et la HSUS pour plaider la cause des Inuits pour qui la chasse au phoque fait partie de leur mode de vie. Elle explique comment l’interdiction par l’Union européenne reconduite en 2015, ainsi que par d’autres pays dont les États-Unis, d’i

mporter des produits faits de peaux de blanchons, a fait chuter le prix des peaux de phoques et des produits dérivés privant ainsi les Inuits d’un revenu de subsistance. Les Inuits ont fait des représentations auprès de l’Union européenne pour abolir l’interdiction, expliquant que la chasse aux phoques fait partie d’un mode vie durable. N’est-il pas ironique qu’au même moment les sociétés pétrolières mènent des opérations d’exploration près des côtes de l’Ile de Baffin et du Groenland nuisant gravement à la faune marine.

Leur campagne de sensibilisation auprès des électeurs européens n’a pas obtenu suffisamment d’écoute pour empêcher que l’interdiction soit renouvelée. Ce que je viens de décrire motive le titre du film, mais je trouve que les Inuits ont été d’une sagesse et d’un calme tout à fait extraordinaires. Il faut vraiment le voir. On se désole parfois quand on apprend que le taux d’alcoolisme et de suicide dépasse de loin celui des autres groupes canadiens. La perte d’un moyen de subsistance important et d’un revenu décent pour vivre n’est-il pas source de découragement pouvant conduire à ces graves problèmes? On ferait la même chose à un groupe de producteurs québécois que je ne serais pas surpris de voir les mêmes conséquences.

Faites une expérience. Tapez Chasse aux phoques sur Google images.
Les résultats vous montrent des bébés phoques. Qui peut s’imaginer que l’abattage des blanchons serait le fait des Inuits? que ceux qui ont vécu des milliers d’années avant nous auraient ainsi saccagé leur propre garde-manger? Ces images sont le témoin de campagnes médiatiques (très lucratives pour les groupes environnementaux) qui s’appuient uniquement sur les émotions et pas du tout sur une approche scientifique. Certains travailleurs de ces groupes se sont d’ailleurs excusé des dommages causés aux populations inuites. Quels gestes de réparation poseront-ils ?                                         Crédit photo: http://www.marcelgreen.com

Ce film n’est pas sans évoquer nos propres luttes pour un développement durable dans des questions comme le transport des hydrocarbures ou l’agriculture biologique.
Pouvons-nous rester indifférents devant ce que vivent les Inuits qui occupaient le territoire canadien bien avant nous et pour qui que la chasse aux phoques a été un moyen de subsistance essentiel? On peut se demander par exemple jusqu’à quel point nos campagnes contre la chasse aux phoques n’est pas à l’origine de la baisse importante des populations de morues privant d’importants revenus les pêcheurs autant québécois que des provinces maritimes.

 

 

Crédit photo:
https://www.facebook.com/Association-des-Chasseurs-de-Phoques-intra-Qu%C3%A9bec-232391896832412/

Pouvons-nous faire la sourde oreille?

J’ai entendu aujourd’hui l’appel à l’aide de Françoise David au nom des femmes et des enfants victimes de la famine, elle-même  engendrée par les guerres entre factions politiques au Soudan du sud, en Somalie, dans le nord-est du Nigéria et au Yemen.

Cette femme m’a inspiré une grande admiration quand elle avait pris le leadership de la Marche des femmes. À mon avis, après avoir joint le parti Québec Solidaire et donné du meilleur d’elle-même, elle semble avoir touché nos limites québécoises de la politique. Les Québécois aussi sont capables de rivaliser au lieu de s’unir autour d’un objectif. Malgré leurs richesses et la tradition démocratique, ils sont bien capables de petitesses pour ne pas dire de bassesses. Car quels pays fabriquent et vendent des armes aux belliqueux d’Afrique? Pouvons-nous dire que nous avons les mains blanches?

Alors, voici qu’après sa démission comme porte-parole de QS, elle choisit d’appuyer une cause humanitaire: combattre la famine en Afrique avec des ONG comme Développement et Paix ainsi que OXFAM. C’est aujourd’hui qu’il faut le faire, dit-elle. Pas le temps de budgeter.  La mort d’enfants n’attend pas. Et qu’est-ce que représente 10$ dans mon budget (même pas un repas familial) alors que ça peut nourrir une famille de 6 africains pendant plusieurs semaines?

Il y a plusieurs mois déjà que cette famine est annoncée, par exemple par le journal Le Monde. Devant l’urgence de la situation, le gouvernement canadien double nos dons jusqu’au 30 juin. Il ne faut pas attendre.

Crédit image: Fotolia/Auteur : Riccardo Niels Mayer

Économie sociale

J’avais 25 ans lorsque j’ai fait connaissance avec une entreprise d’économie sociale. J’étudiais en théologie à l’Université de Montréal et j’ai côtoyé des personnes engagées dans une coopérative alimentaire à Pointe Saint-Charles. C’est là que j’ai fait le lien (que je ne devais jamais perdre par la suite) entre ma foi chrétienne et l’exigence de solidarité et de justice. Je considère la coopération sociale et économique comme une voie privilégiée par laquelle les Québécois ont appris à faire des affaires en donnant priorité au bien-être des moins fortunés plutôt qu’au profit. Sur une échelle beaucoup plus grande, tout le monde connaît le succès qu’ont connu nos caisses populaires. Lorsque des pauvres se sont pris en main, on est souvent revenu à ce modèle de développement fondé sur la coopération.

L’AREQ (Association des retraitées et retraités de l’éducation et d’autres secteurs publics du Québec) dont je fais partie, a organisé cette année des rencontres de partage autour du film DEMAIN. Au mois de mars (le 21), nous visionnerons la troisième partie du film qui a justement comme thème l’économie sociale. Contactez-moi si vous désirez y participer; c’est gratuit.

C’est avec joie ce matin que au hasard de mes recherches sur le NET je tombe à ici.radio-canada.ca,  sur la section  ESPACES AUTOCHTONES, où on présente et explique l’économie sociale et un exemple d’entreprise fondée sur ce concept économique, actuellement à l’œuvre chez nos concitoyens des Premières nations. Au moment où on essaie de s’ouvrir à un modèle de développement plus humain que le capitalisme néolibéral, il est utile de voir ce qui se fait de concret et comment la volonté d’un petit groupe peut transformer la société. Pour moi c’est d’autant plus important qu’on peut y construire des ponts avec les communautés autochtones.

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C’est pourquoi je vous invite à regarder la courte vidéo qui rapporte une rencontre entre Nicole O’bomsawin et J.-Martin Aussant.